Walter Benjamin: Archives

Invité de cette semaine, Florent Perrier, philosophe, conseiller scientifique de l’exposition “Walter Benjamin Archives” au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. 

Faire le portrait d’un homme et de sa pensée à travers ses archives, c’est le pari poétique et audacieux de l’exposition actuellement visible au musée d’art et d’histoire du judaïsme, consacrée aux archives de Walter Benjamin, philosophe, écrivain et critique. A travers 13 étapes, c’est un voyage dans la pensée et les traces de l’auteur, par le biais de ce qui reste de ses collections de jouets ou de cartes postales,  ses carnets, ceux où il consignait les mots de son fils Stefan, ceux où il notait ses lectures. Le parcours se poursuit au regard de ce qu’il a classé et confié au fur et à mesure de ses déplacements et de l’étau qui se resserrait autour des Juifs. Mais l’exposition est aussi une évocation d’un homme en mouvement, puis d’un homme en exil, qui fuyait les persécutions nazies et n’a pu être sauvé malgré les efforts de ses amis. Walter Benjamin a préféré se donner la mort dans un petit village du sud de la France en 1940, croyant ne plus avoir d’issue, alors même que ses amis lui avaient obtenu un visa d’entrée aux Etats-Unis.

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Rencontre avec l’écrivain israélien Uri Orlev

A l’occasion de la parution en français aux éditions de l’Eclat de ses premiers poèmes, écrits à Bergen-Belsen à l’âge de 13 ans, Uri Orlev, écrivain israélien pour la jeunesse, est notre invité de cette semaine, accompagné de sa traductrice, Sabine  Huynh.

Depuis son arrivée en terre d’Israël en septembre 1945, Jerzy Henryk Orlowski a conservé précieusement pendant plus de 60 ans un petit carnet à couverture rouge sur lequel, à 13 ans, il avait recopié 15 poèmes écrits au camp de Bergen-Belsen où il fut déporté avec sa tante et son jeune frère au cours de l’année 1944. Quinze poèmes qui témoignent de cette vitalité opiniâtre de l’enfant confronté à la barbarie, et de la place unique de la poésie dans le dialogue secret qu’il entretient avec lui-même. Devenu Uri Orlev, auteur de livres pour la jeunesse traduits dans le monde entier, il a souhaité rendre publics ces balbutiements d’écrivain, par une sorte de fidélité absolue à l’enfant qu’il était et à son destin, dédiant ainsi toute son œuvre littéraire d’adulte à cette génération d’enfants qui connurent la Shoah, à ceux qui y survécurent, et à ceux qui y périrent.

La traduction des poèmes réalisée par Sabine Huynh est suivie de la reproduction en fac-similé en couleurs de l’intégralité du carnet d’Uri Orlev, avec le texte dans sa version originale polonaise.

Cet ouvrage a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

- A lire, l’article de Wajdi Mouawad dans Le Monde des Livres daté du 21 octobre 2011

- Commander le livre via le site www.placedeslibraires.fr.

Ecouter l’ensemble de l’enregistrement:

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Théâtre: H.H. de Jean-Claude Grumberg

H.H., c’est le titre étrange de la pièce de théâtre qui est au sommaire de l’émission d’aujourd’hui. Avec nous pour en parler, Jean-Claude Grumberg, l’auteur et metteur en scène de cette pièce jouée actuellement au théâtre du Rond Point avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

H.H. comme Heinrich Heine mais aussi H.H. comme Heinrich Himmler. Deux noms, celui d’un poète et celui d’un bourreau nazi, qui ne semblent pas pouvoir ni devoir jamais cohabiter. Et pourtant cette pièce de théâtre grinçante raconte un improbable conseil municipal où des élus doivent choisir le nom d’un collège, nom qui doit comporter H.H. comme initiales, car elles ont déjà été coulées dans le bronze. Le collège devait s’appeler Heine, mais certains élus trouvent le nom trop banal, trop entendu, trop donné, trop présent et soudain l’impossible surgit Heinrich Himmler est né dans la petite ville, il a marqué l’histoire à sa façon, il peut prétendre au titre de plus grand criminel du XXème siècle, pourquoi ne pas donner son nom au collège? Après un bref moment d’indignation, les élus comparent les écrits de l’un et de l’autre pour se décider.

Représentations

Du vendredi 25 novembre au samedi 24 décembre 2011, 21h
Dimanches, 15h30 – Relâche les lundis

Théâtre du Rond-Point
2bis, avenue Franklin D.Roosevelt 75008 Paris
Métro Franklin D.Roosevelt (L1 et 9) ou Champs-Élysées Clemenceau (L1 et 13)
Réservation : 01 44 95 98 21
Plus d’information

Distribution

H.H
De Jean-Claude Grumberg
Mise en scène de l’auteur avec la complicité de Jean-Michel Ribes
Avec Salima Boutebal, Jean-Paul Farré, Olga Grumberg, Joseph Menant, Christophe Vandevelde
Texte publié aux éditions Actes Sud-Papiers
Durée : 1h30

Production Théâtre du Rond-Point/Le Rond-Point des tournées
Avec l’aide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

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Le sport européen à l’épreuve du nazisme

Invité de cette émission, Patrick Clastres, historien, commissaire de l’exposition consacrée au sport sous le nazisme et aux destins individuels des sportifs juifs au Mémorial de la Shoah jusqu’au 18 mars 2011.

Le nazisme, le fascisme et les régimes de collaboration ne vouèrent pas un simple culte au corps athlétique et guerrier, ils utilisèrent le sport pour contrôler la jeunesse et les masses, justifier leurs idéologies xénophobes et racistes, et même infliger des supplices particuliers aux champions juifs déportés. Quant au monde sportif, comment s’est-il comporté face aux politiques d’exclusion, face à l’application des lois antijuives jusque dans les stades, les gymnases et les piscines ?

Pour les minorités opprimées, pour les résistants, et même pour certains prisonniers des camps, à l’inverse, le sport a pu servir de refuge, voire de réarmement moral et corporel.

Cette exposition révèle, en contrepoint, comment les jeunesses juives de toute l’Europe se sont enthousiasmées pour les sports, investissant en particulier la lutte, la boxe, l’escrime et les sports de self-défense, et participant aux Maccabiades de Tel-Aviv en 1932 et 1935.

Relatant ces multiples facettes de l’histoire du sport en Europe entre 1936 et 1948 à travers de nombreux films, photographies, objets et documents d’archives, l’exposition retrace parallèlement l’itinéraire individuel d’une vingtaine de sportifs dont les carrières ont été bouleversées et les vies anéanties par la montée du nazisme.

- Visiter le site Internet de l’exposition

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris
www.memorialdelashoah.org

Métro : Saint-Paul ou Hôtel-de-Ville (ligne 1), Pont-Marie (ligne 7)
Bus : 67, 69,76, 96, Balabus

Ouvert tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h.
Entrée libre


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L’heure d’exactitude

Invitées de cette semaine,  Annette Wieviorka, historienne, Directrice de recherche au CNRS, présidente de la Commission Mémoire et transmission à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, et Séverine Nikel rédactrice en chef de la revue L’Histoire, qui co-signent un livre d’entretiens aux éditions Albin Michel, L’heure d’exactitude.

Annette Wieviorka a vécu cette expérience rare pour un chercheur de voir son objet d’étude – la mémoire du génocide des Juifs – intéresser le grand public, les médias et les pouvoirs publics.  Ce livre d’entretiens avec Séverine Nikel retrace son itinéraire intellectuel et son travail d’historienne. <!–Depuis la publication de sa thèse, Déportation et génocide, en 1992, Annette Wieviorka a été partie prenante de tous les débats. Elle a participé à la mission Mattéoli sur la spoliation des Juifs de France et au soixantième anniversaire de l’ouverture des camps d’Auschwitz.

Pourquoi la « mémoire de la Shoah », le « devoir de mémoire » et le « témoin » tiennent-ils la place qu’ils occupent aujourd’hui dans nos sociétés ? Quel sens cela a-t-il et quels malentendus se sont installés ? Que faut-il transmettre aux générations futures ?

Ce sont quelques-unes des questions posées au fil de ce dialogue, qui retrace un parcours singulier, placé sous le signe de la liberté de pensée, et dont les grandes préoccupations puisent du côté des interrogations les plus douloureuses du XXe siècle.

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La conférence d’Evian de 1938

Evian 38: la conférence de la peur, c’est le titre du documentaire de Michel Vuillermet diffusé le 24 octobre 2011  sur France 3, qui évoque la conférence d’Evian, qui est souvent perçue comme le moment inaugural de l’abandon des Juifs. Pour en parler, Catherine Nicault, professeur  à l’Université Paris I, et conseillère historique du film.

Le 13 mars 1938, les troupes d’Hitler entrent dans Vienne. L’édification du grand Reich est en route. Devant le drame vécu par les persécutés du régime nazi qui cherchent à fuir leur pays en masse, et sous la pression de l’opinion publique, Franklin D. Roosevelt, Président des Etats-Unis, invite les démocraties à un comité intergouvernemental pour les réfugiés en juillet 1938 à Evian-Les-Bains. 32  nations répondent à l’appel.

Myron Taylor intervient immédiatement après Henri Bérenger le mercredi 6 juillet 1938

Cependant, après 10 jours de tractations, l’impuissance des démocraties est patente et aucune solution n’est trouvée. Les réfugiés juifs allemands et autrichiens sont livrés à leur sort.

Crédits

Le film Evian 38: la conférence de la peur a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Avec la collaboration de : Catherine Nicault, Laure Schindler-Levine et Paul Schaffer
Auteurs : Stéphanie Roussel, Michel Vuillermet, Ilos Yannakakis
Montage : Fabrice Salinié – Musique : Yan Volsy
Caméra : Philippe Chesneau
Son : Jean-Christophe Caron

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Fichés? Une exposition aux Archives Nationales

Invité cette semaine, l’un des deux commissaires de l’exposition Fichés? qui se tient actuellement aux Archives Nationales, Jean-Marc Berlière, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP).

Fichés? Un titre qui pointe les liens explicites entre la photographie, l’identification et la surveillance des individus, pour une exposition qui raconte comment le fichage des individus peut amener au vertige d’une société sous surveillance, d’un état qui veut tout savoir des citoyens qu’il voudrait pouvoir choisir. L’exposition couvre le XIX ème et le XX ème siècle, évoquant les photographies de police qui recensent les criminels, les photographies anthropométriques qui ont eu un rôle dans la classification des individus,  le fichage des individus surveillés pour une raison ou une autre: prostituées, militaires, étrangers, espions, criminels, nomades, prisonniers, et ce qui nous intéresse aujourd’hui, la mise en place d’une politique de recensement des Juifs de France par le régime de Vichy, qui s’appuie entre autres sur une carte d’identité devenue obligatoire et qui sera l’un des outils principaux de la déportation et de l’assassinat des Juifs.

Exposition du 28 septembre au 2 janvier 2011, du lundi au vendredi de 10h à 12H30 et de 14h à 17h30, samedi et dimanche de 14h à 17H30, fermée le mardi et les jours fériés.

Archives Nationales, 60 rue des Francs Bourgeois 75003 Paris

Commissariat scientifique de l’exposition

Pierre Fournié, conservateur général du patrimoine, responsable du Département de l’action culturelle et éducative aux Archives nationales

Jean-Marc Berlière, Professeur émérite d’histoire à l’Université de Bourgogne, chercheur au CESDIP. Derniers ouvrages parus :

Histoire des polices en France de l’Ancien régime à nos jours (avec René Lévy), Nouveau Monde éditions, mars 2011 

La Naissance de la police moderne, Perrin (collection de poche Tempus), septembre 2011

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