A l’occasion des 15 ans de l’association Yad Layeled, nous recevons aujourd’hui Galith Touati, responsable de l’association Yad Layeled France et Laurent Klein, directeur de l’école du 17 rue de Tanger dans le 19 ème arrondissement de Paris.
Comment aborder l’histoire de la Shoah à l’école? Une question sur laquelle travaille depuis 15 ans l’association Yad Layeled France, à partir du travail mené en Israël au musée Yad Layeled, à Beth Lohamei Haghetaot près d’Acco (St Jean d’Acre). Un travail qui a abouti cette année avec l’exposition “sur les traces d’une photo” qui retrace le parcours de 10 enfants Juifs à travers l’Europe qui ont survécu à la Shoah. Une exposition qui permet de revenir sur le sort des enfants cachés, sur le rôle des groupes de résistants qui ont organisé le sauvetage des enfants, sur l’importance de l’action individuelle à travers le rôle des Justes.
L’exposition est interactive. A partir d’une photo et de plusieurs documents (fac simile, témoignages, photos…), chacun est amené à découvrir l’histoire de vie de l’enfant dont il a choisi le portrait.
Cette exposition a reçu le soutien de la Mairie de Paris, du Ministère de l’Education nationale, de l’IESR et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Télécharger la brochure de présentation de l’exposition (pdf).
Informations sur le concert de gala de Yad Layeled le 8 février à la Maison de l’UNESCO




Ne voir en Primo Levi qu’un témoin, même exemplaire, serait limiter son importance. Inlassable chroniqueur pour La Stampa, homme de radio et de télévision, Primo Levi fut surtout un intellectuel engagé, qui a produit une pensée authentiquement singulière. Lauréat de nombreux prix, poète, romancier, nouvelliste, dramaturge et essayiste, il a laissé une œuvre que la seule catégorie du témoignage ne suffit pas à définir. À cela, on doit ajouter que la chimie a constitué pour lui un métier, comme il aimait à le dire, mais aussi une manière de voir et de se situer dans le monde. Il termine sa carrière à la tête d’une entreprise chimique d’ampleur internationale. Cet homme multiple, hyperactif, polyglotte constitue en soi une énigme, laquelle est redoublée par son suicide, le 11 avril 1987. L’exploration de son existence fait découvrir des paradoxes, des fissures et des hantises qui ne renvoient pas toute à la violence concentrationnaire, mais aussi à son histoire familiale et à sa vie professionnelle. Autant de dimensions qui amènent à remettre en question les clichés qui l’enfermaient dans le mythe de l’optimiste invétéré et de l’infaillible témoin. Basée sur de nombreux documents inédits, cette biographie offre un double éclairage sur la vie sociale et familiale de ce Juif piémontais, amoureux de la montagne, qui, lorsqu’il était étudiant, aurait aimé se consacrer entièrement à la chimie, ainsi que sur ce qui différencie des autres le témoignage de Primo Levi sur les camps, et lui donne une force exceptionnelle.
le 18 septembre 1946, on déterre sous les gravats du ghetto de Varsovie des bidons de lait en fer blanc, des bidons qui ont soigneusement été scellés et cachés par les membres du groupe Oyneg Shabes. Ces bidons contiennent des lettres, des tickets, des tracts, des rapports, des récits, des dessins, des preuves et des témoignages qui disent ce que fut le quotidien des Juifs sous le joug allemand dans le ghetto de Varsovie, mais aussi dans les shtetls et parfois dans les lieux d’extermination: des archives qui sont autant de preuves des massacres et exactions menées par les nazis.
Faire le portrait d’un homme et de sa pensée à travers ses archives, c’est le pari poétique et audacieux de l’exposition actuellement visible au musée d’art et d’histoire du judaïsme, consacrée aux archives de Walter Benjamin, philosophe, écrivain et critique. A travers 13 étapes, c’est un voyage dans la pensée et les traces de l’auteur, par le biais de ce qui reste de ses collections de jouets ou de cartes postales, ses carnets, ceux où il consignait les mots de son fils Stefan, ceux où il notait ses lectures. Le parcours se poursuit au regard de ce qu’il a classé et confié au fur et à mesure de ses déplacements et de l’étau qui se resserrait autour des Juifs. Mais l’exposition est aussi une évocation d’un homme en mouvement, puis d’un homme en exil, qui fuyait les persécutions nazies et n’a pu être sauvé malgré les efforts de ses amis. Walter Benjamin a préféré se donner la mort dans un petit village du sud de la France en 1940, croyant ne plus avoir d’issue, alors même que ses amis lui avaient obtenu un visa d’entrée aux Etats-Unis.
La traduction des poèmes réalisée par Sabine Huynh est suivie de la reproduction en fac-similé en couleurs de l’intégralité du carnet d’Uri Orlev, avec le texte dans sa version originale polonaise.
