Les enfants du 209 rue St Maur

Emission du 5 novembre 2017, rediffusée le 13 mai 2018. Notre invitée est Ruth Zylberman, réalisatrice, qui signe un très beau film, les enfants du 209 rue St Maur, Paris Xème, qui sera diffusé le 5 juin à 22h30 sur Arte.

Dans ce documentaire, Ruth Zylberman pousse la porte cochère d’un immeuble : une cour, le carré de bâtiments qui  l’encercle, des escaliers, des portes. L’enquête commence. Qui a pour ambition de nous raconter une partie de l’histoire du 209 rue Saint-Maur, de ses locataires – se concentrant sur la guerre mondiale, au début de laquelle une centaine de juifs, français ou étrangers étaient installés. La moitié d’entre eux seront engloutis dans la Shoah.  Il y a aujourd’hui de la vie dans cet immeuble, mais il est hanté ; et l’on repense à une phrase de Georges Perec dans La vie Mode d’emploi : « Valène » – le nom de ce peintre qui voulait raconter toute l’histoire d’un immeuble – « Valène, parfois avait l’impression que le temps s’était arrêté, suspendu, figé autour d’il ne savait quelle attente. L’idée même de ce tableau qu’il projetait de faire et dont les images étalées, éclatées, s’étaient mises à hanter le moindre de ses instants, meublant ses rêves, forçant ses souvenirs… »

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Szlengel, poète du ghetto de Varsovie

Emission du 14 janvier 2018: nos invités sont Justine Wojtiniak, metteuse en scène du spectacle Cabaret dans le ghetto, qu’on peut voir jusqu’au 27 janvier 2018 au théâtre de la Cartoucherie (Epée de Bois) et Jean-Yves Potel, écrivain, historien, spécialiste de la Pologne, qui a supervisé l’édition et la traduction en français des poèmes de Wladyslaw Szlengel dans Ce que je lisais aux morts paru en 2017 aux éditions Circé.

Cabaret dans le ghetto. Un spectacle intimiste parlé chanté dansé, qui cherche à saisir la petite flamme de vie ironique et grinçante en lutte contre l’horreur. Pas de lourdeur dans ce spectacle, mais du tango polonais, un jeune homme qui danse avec grâce, un musicien qui l’accompagne, des poèmes qui effleurent et égratignent le drame comme des plumes. Justine Wojtyniak signe ici un appel à la résistance: présente sur scène, narratrice et spectatrice, guide à travers tous les matériaux ré­coltés : le texte en prose de Szlengel, la manière dont il a été retrouvé dans une bouteille de lait avec les autres textes recueillis par l’organisation Oyneg Shabes dirigée par Emmanuel Ringelblum, , les photos sauvées de l’oubli, les paroles de tango qu’il a écrites et la voix d’Halina Birenbaum,  encore vivante aujourd’hui, et qui avait appris dans le ghetto de Varsovie les poèmes de Wladyslaw Szlengel.

 

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Réveil tardif d’une enfant cachée

Emission du 7 janvier 2018: notre invitée est Jacqueline Reznik Elgrably, auteure d’un témoignage sur l’histoire de sa famille publié dans la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, aux éditions le Manuscrit.

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Retour à Lemberg

Emission du 26 novembre 2017 : notre invité est Philippe Sands, avocat international, dont l’édition française de Retour à Lemberg, vient de paraître aux éditions Albin Michel, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Retour à Lemberg est un livre difficile à répertorier : c’est à la fois le récit d’autobiographie familiale écrit par le descendant de victimes de la Shoah ; le portrait en miroir de deux grands juristes – Hersch Lauterpacht  et Raphael Lemkin – qui ont conceptualisé la notion de ‘crime contre l’humanité’ pour l’un et pour l’autre celle de ‘génocide’ – double portrait coordonné à une enquête sur la genèse du droit international. C’est aussi l’évocation d’un autre juriste Hans Frank, avocat d’Hitler et gouverneur général de la Pologne, condamné à mort à Nuremberg en 1946 ainsi que l’histoire du Tribunal qui s’y est tenu. Dans la préface à l’édition française du livre, soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Philippe Sands le décrit comme un « roman policier » et précise qu’il s’agit d’ « un livre sur l’identité et le silence ». La ville de Lemberg, Lviv, ou Lvov selon les diverses administrations qui l’ont désignée est au centre du « roman policier » : le carrefour par lequel sont passés la plupart des personnages principaux de l’enquête ; et retourner à Lemberg, pour Philippe Sands, c’est comme remonter à l’une des origines de la destruction des Juifs de Gallicie.

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