Sophie Nahum à la rencontre des derniers survivants d’Auschwitz

Emission du 21 janvier 2018: notre invitée est Sophie Nahum, productrice et réalisatrice de la web série « les derniers » , en accès libre sur Internet et qui a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Sophie Nahum présentera ce projet au Mémorial de la Shoah le dimanche 28 janvier à 11h, avec une projection de 3 épisodes inédits en présence des témoins, Armand Bulwa, Lucette Gejzenblozen et Victor Perahia.

Emission animée par Juliette Sénik et préparée par Rachel Rimmer

Ils sont les derniers survivants des camps, encore vivants aujourd’hui. La plupart d’entre eux ont déjà été longuement interviewés dans le cadre de tournages conservatoires, pour l’histoire, la mémoire et pour nourrir la recherche à venir. Mais ici, ils ne sont pas filmés sur fond noir, ils sont chez eux, ou dans leur maison de retraite, en compagnie de leurs enfants ou de leurs petits enfants. Ils se confient avec émotion et sincérité, sans langue de bois. Ils montrent ce qui compte pour eux, leurs photos, leurs écrits. On voit leur dernière demeure qui fut parfois la première, le temps qu’il fait dehors, leurs gestes, leur goût pour la décoration. On entend leur accent polonais, yiddish, hongrois, ou titi parisien. On prend du temps avec eux, mais le rythme est enlevé. Chaque film de cette websérie documentaire soutenue par la Fondation pour la mémoire de la Shoah est une rencontre qui dure à peine 10 minutes.

A voir sur le site Les derniers.org

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Esther-Sarah

 

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Szlengel, poète du ghetto de Varsovie

Emission du 14 janvier 2018: nos invités sont Justine Wojtiniak, metteuse en scène du spectacle Cabaret dans le ghetto, qu’on peut voir jusqu’au 27 janvier 2018 au théâtre de la Cartoucherie (Epée de Bois) et Jean-Yves Potel, écrivain, historien, spécialiste de la Pologne, qui a supervisé l’édition et la traduction en français des poèmes de Wladyslaw Szlengel dans Ce que je lisais aux morts paru en 2017 aux éditions Circé.

Cabaret dans le ghetto. Un spectacle intimiste parlé chanté dansé, qui cherche à saisir la petite flamme de vie ironique et grinçante en lutte contre l’horreur. Pas de lourdeur dans ce spectacle, mais du tango polonais, un jeune homme qui danse avec grâce, un musicien qui l’accompagne, des poèmes qui effleurent et égratignent le drame comme des plumes. Justine Wojtyniak signe ici un appel à la résistance: présente sur scène, narratrice et spectatrice, guide à travers tous les matériaux ré­coltés : le texte en prose de Szlengel, la manière dont il a été retrouvé dans une bouteille de lait avec les autres textes recueillis par l’organisation Oyneg Shabes dirigée par Emmanuel Ringelblum, , les photos sauvées de l’oubli, les paroles de tango qu’il a écrites et la voix d’Halina Birenbaum,  encore vivante aujourd’hui, et qui avait appris dans le ghetto de Varsovie les poèmes de Wladyslaw Szlengel.

 

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Réveil tardif d’une enfant cachée

Emission du 7 janvier 2018: notre invitée est Jacqueline Reznik Elgrably, auteure d’un témoignage sur l’histoire de sa famille publié dans la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, aux éditions le Manuscrit.

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La disparition de Josef Mengele

Emissions du 17 et du 24 décembre, animées par Stéphane Bou : notre invité est Olivier Guez, écrivain,  pour revenir sur les questions posées par son livre, La disparition de Josef Mengele, publié aux éditions Grasset, prix Renaudot.

 

C’est l’histoire d’un homme qui pourrit. Pas n’importe quel homme mais celui qui, opérant le tri à l’arrivée des convois à Auschwitz, sélectionnait les cobayes pour ses expérimentations médicales. Josef Mengele, « l’Ange de la mort » : son nom et son surnom vont devenir légendaires, charriant avec eux l’imaginaire de la pire criminalité nazie. Celle qui découpe, triture et veut s’enfoncer toujours plus loin dans le « matériel humain » pour percer le secret des races. Après la guerre, Mengele rejoint l’Amérique latine, où se retrouvent les plus fidèles d’Hitler qui ont réussi à s’échapper. En Argentine d’abord, puis au Paraguay et au Brésil. C’est là, au sein d’un « Quatrième Reich fantôme » nostalgique et qui rêve de revanche, qu’Olivier Guez – dans La disparition de Josef Mengele, qui vient d’obtenir le prix Renaudot – piste le « détritus de l’Histoire » dont il a fait un personnage de roman ; pour mieux le regarder pourrir comme une vieille pomme vénéneuse.

Pendant quelques années après la guerre, Mengele est comme un pacha qui survit bien grâce à son réseau d’entraide. Mais, alors que sa traque va s’intensifier, comme l’écrit Olivier Guez : « le voilà livré à lui-même, asservi à son existence, aux abois, moderne Caïn errant. Commence la descente aux enfers. Il va ronger son cœur et s’égarer dans la nuit ». Le livre met alors en scène le contraste entre la mythologie, décrite par Olivier Guez comme celle « d’un super vilain aussi insaisissable que Goldfinger, une figure pop du mal, invincible, richissime et rusée » et la réalité d’une déchéance sans commune mesure avec les fantasmes qui ont inspiré  Hollywood (on pense ici aux personnages incarnés par Lawrence Olivier dans Marathon Man, par exemple, ou par Gregory Peck dans Ces garçons qui venaient du Brésil).

Tout au long d’un récit sec et précis, qui fuit la grandiloquence – on est loin des Bienveillantes de Jonathan Littel –, le lecteur est pris par un étrange suspense. Celui qui suit l’agonie misérable d’un criminel monstrueux devenu une épave paranoïaque.

Olivier Guez