Rencontre avec Saul Friedlander

Saul Friedländer vient de publier deux livres aux éditions du Seuil: Réflexions sur le nazisme, un livre d’entretien avec Stéphane Bou et Où mène le souvenir, la suite de son autobiographie, où il raconte son arrivée en Israël à bord de l’Altaléna et son cheminement pour devenir le grand historien du nazisme qu’il est devenu.

Mémoires Vives l’avait reçu en 2008. Nous rediffusons l’entretien mené avec lui où il racontait aussi son parcours.

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Martin Buber, Sentinelle de l’humanité

A l’occasion de la parution de la biographie de Martin Buber réalisée par le Professeur Dominique Bourel, et la diffusion prochaine d’un documentaire de Pierre Henry Salfati sur Arte, nous consacrons deux émissions à cette figure importante du judaïsme et du sionisme.

Albin Michel – 2015 – Martin Buber (1878-1965) est, avec Freud, Einstein ou Kafka, l’un des penseurs juifs les plus connus du XXe siècle dont il a vécu les tragiques bouleversements. Né à Vienne, ayant passé son enfance en Galicie et parcouru l’Europe dans sa jeunesse, il est vite devenu une figure majeure du judaïsme allemand et du premier sionisme. Installé à Jérusalem à partir de 1938, il s’imposera comme un penseur incontournable et sera invité dans le monde entier.

Son destin exceptionnel croise ceux de Herzl, Freud, Einstein, Rosenzweig, Kafka, Zweig, Scholem, Gandhi, Bachelard, Jung, Heidegger, Levinas, Ben Gourion et de tant d’autres, comme en témoigne sa correspondance foisonnante.

Buber est non seulement un grand philosophe de l’altérité (Je et Tu), de la piété mystique (Les Récits hassidiques) et du dialogue judéo-chrétien (Deux types de foi), mais il est aussi le héraut infatigable d’un sionisme humaniste cherchant sans cesse la paix avec les Arabes, et un dénonciateur des totalitarismes hitlérien et stalinien.

Directeur de recherche au CNRS, Dominique Bourel fut directeur du Centre de recherche français de Jérusalem de 1996 à 2004 et professeur à l’université Humboldt de Berlin en 2012-2013. Il a mis près de vingt ans pour achever cette monumentale biographie intellectuelle, étudiant minutieusement l’immense correspondance, interrogeant les archives des grandes bibliothèques de Londres à Jérusalem et de Vienne à Stockholm en passant par Berlin ou encore Uppsala, et recueillant les témoignages de la famille et des élèves de Martin Buber.

Ce livre a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Dominique Bourel a aussi été le conseiller historique du documentaire Martin Buber, itinéraire d’un humaniste – un film de Pierre-Henry Salfati, produit par la Compagnie des Phares et Balises avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.


Diffusion

Mercredi 12 octobre 2016, 23h55 sur Arte

À voir en ligne jusqu’au mercredi 19 octobre 2016

 

 

 

Ouverture d’un lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon

A l’occasion de l’ouverture le 3 juin 2013 d’un lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon dédié à l’accueil des réfugiés et au sauvetage des Juifs sur le plateau du Vivarais Lignon, nous recevons aujourd’hui Philippe Joutard, historien, ancien recteur, spécialiste de l’histoire du protestantisme et Aziza Gril-Mariotte, maître de conférences à l’université d’Alsace et coordinatrice scientifique du projet.

Une histoire exemplaire


Terre protestante forte d’une longue tradition d’accueil, le plateau du Vivarais-Lignon a abrité un grand nombre de réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale. Républicains espagnols, Allemands et Autrichiens antinazis d’abord, puis de nombreux Juifs persécutés, des réfractaires au STO et des résistants.

Avec l’aide des organisations chrétiennes comme la Cimade, le Secours suisse, les Quakers et grâce aux réseaux de sauvetage juifs comme le réseau Garel de l’OSE, beaucoup d’enfants et d’adolescents ont été recueillis dans les pensions de familles, les fermes et les maisons d’enfants.

Le caractère clandestin du sauvetage et la modestie des habitants font qu’il est difficile d’établir le nombre exact de personnes sauvées. Si plus de 1000 noms sont connus, certains historiens retiennent le chiffre de 3500 Juifs sauvés grâce à l’action de la population du Plateau.

Une mémoire, un lieu


A l’instar des Pasteurs André Trocmé et Edouard Theis, plus de 70 habitants du Plateau ont été reconnus Justes parmi les Nations par l’institut Yad Vashem de Jérusalem. De plus, en 1990, les habitants du Chambon et des communes voisines furent – à titre exceptionnel – honorés collectivement par Yad Vashem.

Le lieu de mémoire réalisé au Chambon-sur-Lignon présente l’histoire du Plateau et met en lumière la résistance civile et spirituelle qui s’y exprima.

Un espace mémoriel propose de nombreux témoignages filmés. Des activités pédagogiques seront également organisées. Attenant au bâtiment, un jardin paysagé offrira au visiteur un espace de sérénité.

Ce lieu de mémoire a été réalisé avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et en partenariat avec le Mémorial de la Shoah.

Comité scientifique :
Patrick Cabanel, Martin de Framond, Philippe Joutard, Olivier Lalieu, Jacques Sémelin, Annette Wieviorka

Le lieu de Mémoire du Chambon sur Lignon, photo Jean-Marc Demars
Le lieu de Mémoire du Chambon sur Lignon, photo Jean-Marc Demars

Inauguration et informations pratiques


Lundi 3 juin 2013 à partir de 11h

En présence des représentants politiques et des partenaires du projet

Programme de l’inauguration (pdf)

Ouverture au public le mercredi 5 juin 2013

Lieu de Mémoire dédié aux Justes
Route du Mazet
43400 Chambon-sur-lignon
Tél. : 04 71 65 71 90 (mairie)
Email : memoire@ville-lechambonsurlignon.fr

Horaires

Du samedi 1er juin au dimanche 29 septembre 2013 :
Toute la semaine de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

Du lundi 30 septembre au samedi 30 novembre 2013 :
Du mercredi au samedi de 14h à 18h

Tarifs : 5 € / réduit : 3 € / Gratuit pour les enfants jusqu’à 9 ans

Mme Wauquiez, maire du Chambon-sur-Lignon, inaugurant le nouveau site, 3 juin 2013, crédit photo Jean-Marc Demars
Mme Wauquiez, maire du Chambon-sur-Lignon, inaugurant le nouveau site, 3 juin 2013, crédit photo Jean-Marc Demars

A lire, à voir sur le sujet


La Montagne refuge
Accueil et sauvetage des Juifs autour du Chambon-sur-Lignon.
Collectif : Patrick Cabanel, Philippe Joutard, Jacques Sémelin, Annette Wieviorka
Albin Michel, 2013

Jamais je n’aurai quatorze ans
Témoignage de François Lecomte, enfant caché au Chambon-sur-Lignon
Coll. Témoignages de la Shoah, FMS / Le Manuscrit, 2005

Les armes de l’esprit
Un film de Pierre Sauvage.
USA / France, 1989, 90 min

Le block des enfants à Birkenau: l’expérience d’Otto B Kraus

Après Paysages de la Métropole de la Mort d’Otto Dov Kulka, un autre ouvrage majeur permet de comprendre quel a été le sort de ceux qui ont vécu dans « le Block des Enfants », une enclave du camp des familles à Birkenau : Le mur de Lisa Pomnenka, de Otto B. Kraus, paru aux éditions L’Arachnéen. Otto B Kraus était éducateur dans ce block. le roman est ainsi inspiré de son expérience vécue. Notre invitée cette semaine est Catherine Cocquio, maître de conférence en littérature, qui signe dans le même ouvrage un essai sous le titre « Le leurre et l’espoir. De Therensienstadt au Block des enfants de Birkenau » permettant de remettre utilement en contexte ce roman exceptionnel.

Une émission animée par Eve Szeftel

« Ce roman raconte les efforts des éducateurs pour les en protéger, et se protéger eux-mêmes. » (Extrait du texte de Catherine Coquio)

Dessin d'enfant réalisé au camp de Terezin, dont certains détenus ont été transférés au "camp des familles" de Birkenau
Dessin d’enfant réalisé au camp de Terezin, dont certains détenus ont été transférés au « camp des familles » de Birkenau

Écrit par Otto B. Kraus Le Mur de Lisa Pomnenka a été initialement publié en 1995 en Israël sous le titre The Painted Wall. Il a été traduit de l’anglais par Stéphane et Nathalie Gailly.

Lisa Pomnenka est inspirée du personnage de Ditta qui est devenue la femme d’Otto B Kraus et qui était avec lui une des éducatrices du Block des enfants: elle avait  obtenu du Dr Mengele des pinceaux et des couleurs pour peindre un des murs du Block. Ce mur figure le seul espace de liberté qui était donné à ces enfants et ces éducateurs: l’évasion et la Résistance par l’art, par la culture dans un monde par ailleurs déshumanisé.

L’ensemble du livre compose une méditation sur le rapport différent des enfants et des adultes à la vérité, à l’espoir et à la mort, sur l’aide réciproque qu’ils s’apportèrent malgré les incompréhensions, sur les pouvoirs et les limites de l’idée d’ « éducation », enfin sur le sens moral et la valeur pratique des gestes artistiques à l’échelle individuelle et collective.

- Site des éditions L’Arachnéen

- Commander le livre

Cet ouvrage a été traduit et publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.