Coran et Bible

Emission du 23 juillet 2017, avec Daniel Sibony, psychanalyste, qui présente son dernier livre Coran et Bible en questions et réponses, paru aux éditions Odile Jacob.

« Le Coran prend appui sur la Bible pour lancer un projet grandiose : convertir l’humanité à la “vraie religion”, l’islam, par un double “effort”, à la fois pacifique et coercitif, symbolique et militaire.

Ces deux aspects sont intriqués, indissociables, pour des raisons de structure, dont les effets ont porté une histoire de treize siècles et demeurent actuels. D’où l’idée que le Coran serait non seulement un Texte religieux mais un grand Livre stratégique – une stratégie sacrée, pragmatique et totalement originale.

Au passage, une question récurrente est évoquée, celle de savoir “ce qu’il y a et ce qu’il n’y a pas” dans le Coran ; plutôt que d’y répondre par “il y a tout et son contraire”, Daniel Sibony apporte un nouveau regard.

Daniel Sibony, né au Maroc, de langue maternelle arabe, a un accès direct aux Textes fondateurs. Psychanalyste, il a publié de nombreux ouvrages dont, notamment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident ainsi qu’Un certain « vivre-ensemble ». Musulmans et juifs dans le monde arabe. 

le-psychanalyste-daniel-sibony

Publicités

Histoires secrètes, les enfants juifs et l’assistance publique

Émission du 25 juin 2017 avec Marion Feldman, maître de conférence en psychologie et Katy Hazan, historienne, à l’occasion de la parution du livre Histoires secrètes, les enfants juifs et l’assistance publique, publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

En savoir plus

De la France occupée à la Pampa

Émission du 18 juin 2017 avec notre invitée est Hélène Gutkowski, qui a recueilli  30 témoignages croisés d’anciens enfants cachés en France vivant aujourd’hui en Argentine. Ce travail collectif débouche sur une publication en deux volumes, dans la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

En savoir plus

Extrait de l’intervention de l’ancien ambassadeur français en Argentine Frédéric du Laurens lors de la présentation au Mémorial de la Shoah :

« Il y a deux livres en un, le premier retrace en deux longs chapitres l’histoire de la présence juive en Argentine. Cette histoire est décrite en 70 pages fort bien documentées et illustrées. Cette histoire est évidemment dans l’ensemble bien connue des Argentins eux-mêmes. Je le dis tout de même avec prudence car, par exemple, moi-même j’ignorais qu’il y avait eu un pogrom à Buenos Aires, en janvier 1919 ! En revanche cette histoire de la présence juive en Argentine est très souvent ignorée en Europe, notamment en France.

Le second livre, de loin le plus long et le plus substantiel, est composé de neuf chapitres, consacrés un à un aux « témoignages des survivants » (le second volume du livre d’Hélène Gutkowski ajoutera à ces 9 témoignages d’autres recueillis ultérieurement).

Je vous laisse découvrir ces récits qu’on lit avec émotion et souvent même de façon haletante. Et je me limiterai à partager avec vous les observations générales que je me suis faites de « l’enchaînement » de ces témoignages, une fois refermé ce gros ouvrage.

D’une façon qui, je dois l’avouer, m’a surpris, il est un mot qui revient sans cesse pour qualifier ces situations où tout semble perdu et où pourtant triomphe la vie, la survie : c’est le mot de « miracle ». Tous les témoins-survivants l’emploient, des dizaines de fois. Nous sommes là à la charnière du sensible et du merveilleux, du raisonnable et de l’impensé, du rationnel et de l’incompréhensible, de la fatalité et de l’inattendu. Au-delà de la rigueur des récits dont j’ai vanté le mérite, s’ouvre ici un champ de méditation sur ce qui conduit nos vies. A chacun de nous de donner à ce mot le sens que lui dicte sa conscience. »

 

Parcours d’un orphelin, Charles Wasersctajn

Invités de l’émission du 2 avril: Nathalie Grenon, directrice du Cercil et Charles Waserscztajn, qui publie « Sauvé d’Auschwitz par l’assistance publique » aux éditions du Cercil

Pour Charles Waserscztajn, tout a commencé par une erreur lors de son enregistrement à l’Assistance publique, le 6 décembre 1940. Tauba, sa mère, jeune femme juive polonaise réfugiée en France depuis 1938, totalement démunie, sans solution, confie « provisoirement » son enfant à l’institution publique. En fait, celle-ci enregistre un abandon « définitif ». Cette erreur sauvera l’enfant de la déportation…Mais elle séparera définitivement l’enfant de sa mère. Tauba, engagée dans de nombreuses démarches pour récupérer son enfant, refusera de quitter Paris, au péril de sa vie… En 2001, Charles découvre son histoire dans le dossier conservé à l’Assistance publique et commence alors une enquête sur ce passé inconnu, sur les traces de ses parents déportés à Auschwitz et de sa petite enfance passée chez des nourrices dans le Berry. À la fois travail de mémoire et recherche à dimension historique, ce récit autobiographique entremêle l’itinéraire personnel, chaotique et attachant, d’un orphelin et les pages tragiques des rafles parisiennes, du camp d’internement de Pithiviers et de la Shoah. Documents administratifs inédits et photos familiales nous donnent à partager le parcours singulier d’un enfant de l’Assistance publique qui a su surmonter les épreuves de la vie, mû par une foi inébranlable dans les vertus égalitaires de la République, parce que celle-ci sait donner sa chance à ceux qui choisissent de la saisir.
COUV-Charles-Cercil