La brigade des papiers

Émission du 10 juin 2018 : notre invitée est Diane Perelsztejn, réalisatrice du documentaire La Brigade des Papiers, qui sera prochainement diffusé en France.

C’est un film dont les intervenants parlent yiddish à l’aube des années 2000 ; certains s’expriment en hébreu, en anglais, ou en français avec un accent argentin. Eux, ce sont ceux qui ont contribué à sauver la bibliothèque de Vilnius, riche de plus de 500 000 ouvrages de la culture yiddish, leurs descendants, et les historiens héritiers de cette culture.

 

Brigade des papiers

C’est plus qu’un inventaire avant disparition, c’est une trace qu’ils veulent indélébile, même si elle est fragile, comme le dit l’historien Sucheky : c’est l’écume que laisse la mer en se retirant. La vague ne reviendra plus, reste l’écume, plus d’un million de livres redistribués dans les bibliothèques du monde.

Ce documentaire, grâce à des archives filmiques et manuscrites, avec les témoignages des survivants, raconte l’histoire de la brigade de papiers, des lettrés Juifs choisis par les nazis pour sélectionner les livres avant leur destruction. Seuls des Juifs pouvaient lire l’hébreu et le yiddish, et choisir les livres à sauver. Le projet démentiel d’Hitler était de créer un musée juif sans Juifs. Alors, les hommes chargés de la sélection ont décidé de sauver tout ce qu’ils pouvaient des oeuvres patrimoniales majeures entreposées à la bibliothèque de Vilnius.

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Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943

Cette semaine, notre invité est Gilles Rozier, éditeur et fondateur des éditions de l’Antilope, qui publient un texte inédit, la traduction en français du journal d’Yitskhok Rudashevski, témoignage d’un adolescent dans le ghetto de Wilno. Ce texte bouleversant sera aussi à l’honneur lors de la rencontre dédiée aux écrits d’adolescents durant la Shoah qui aura lieu le 26 juin 2016 à 14h30 au Mémorial de la Shoah.

Enfermé dans le ghetto de Wilno (actuelle Vilnius, en Lituanie), Yitskhok Rudashevski livre un témoignage poignant de la vie quotidienne et des aspirations d’un adolescent confronté à l’enfermement et aux persécutions. Son journal se termine en avril 1943, six mois avant que son auteur ne soit assassiné à Ponar, le lieu d’exécution des Juifs de Wilno. Le manuscrit sera retrouvé après la guerre dans la cachette où la famille avait espéré échapper à la traque des nazis.


Extrait :

« Jeudi 10 décembre 1942

Est-il normal en mes meilleures années de voir cette seule ruelle, ces quelques cours encloses, étouffées ? Je voudrais crier au temps d’attendre, de cesser de courir. Je voudrais rattraper mon année passée et la garder pour plus tard, jusqu’à la nouvelle vie. Je n’éprouve pas le moindre désespoir. Aujourd’hui j’ai eu quinze ans et je vis confiant en l’avenir. Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil… »
Livre traduit du yiddish par Batia Baum et publié aux éditions de l’Antilope avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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