La brigade des papiers

Émission du 10 juin 2018 : notre invitée est Diane Perelsztejn, réalisatrice du documentaire La Brigade des Papiers, qui sera prochainement diffusé en France.

C’est un film dont les intervenants parlent yiddish à l’aube des années 2000 ; certains s’expriment en hébreu, en anglais, ou en français avec un accent argentin. Eux, ce sont ceux qui ont contribué à sauver la bibliothèque de Vilnius, riche de plus de 500 000 ouvrages de la culture yiddish, leurs descendants, et les historiens héritiers de cette culture.

 

Brigade des papiers

C’est plus qu’un inventaire avant disparition, c’est une trace qu’ils veulent indélébile, même si elle est fragile, comme le dit l’historien Sucheky : c’est l’écume que laisse la mer en se retirant. La vague ne reviendra plus, reste l’écume, plus d’un million de livres redistribués dans les bibliothèques du monde.

Ce documentaire, grâce à des archives filmiques et manuscrites, avec les témoignages des survivants, raconte l’histoire de la brigade de papiers, des lettrés Juifs choisis par les nazis pour sélectionner les livres avant leur destruction. Seuls des Juifs pouvaient lire l’hébreu et le yiddish, et choisir les livres à sauver. Le projet démentiel d’Hitler était de créer un musée juif sans Juifs. Alors, les hommes chargés de la sélection ont décidé de sauver tout ce qu’ils pouvaient des oeuvres patrimoniales majeures entreposées à la bibliothèque de Vilnius.

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Mémoire d’Abba Kovner

Emission du 10 décembre 2017: notre invitée est Alexandra Laignel Lavastine, philosophe et historienne, qui a traduit le livre de Dina Porat, Le juif qui savait, la figure légendaire d’Abba Kovner, paru aux éditions le Bord de l’eau avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

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Dina Porat et Alexandra Laignel Lavastine seront présentes le 21 janvier prochain à 14H30 pour une rencontre au Mémorial de la Shoah

Abba Kovner

Le ghetto de Wilno

Cette semaine, notre invité est Gilles Rozier, écrivain et directeur à la Maison de la culture yiddish à Paris pour parler du livre d’Avrom Sustkever qu’il a traduit du yiddish et qui vient de paraître aux éditions Denoël.

Le 27 février 1945, Avrom Sutzkever témoignait devant le tribunal de Nuremberg des atrocités commises par les nazis dans le ghetto de Wilno. Son témoignage, capital, entrera dans l’histoire, tant la parole des victimes fut rare lors du procès. C’est dire l’importance que revêt le récit qu’il a laissé de sa vie quotidienne entre 1941 et 1944. Jeune poète, il décrit dans ce texte l’horreur et la mort comme faisant partie de l’ordinaire, avec la volonté de restituer la sincérité du témoin tout en gardant le recul d’un observateur neutre.

Avrom Sutzkever donne notamment à voir les tentatives désespérées d’une poignée de résistants pour sauvegarder les trésors de la Jérusalem de Lituanie tandis que subsiste au sein du ghetto une vie culturelle foisonnante mais clandestine, ultime rempart devant la barbarie.

Chef-d’œuvre oublié de la littérature yiddish et document historique de première importance, Le Ghetto de Wilno mêle une écriture de l’immédiateté, guidée par l’urgence de raconter, à l’évocation sensible et dramatique d’un monde plongé dans l’abîme.

Avrom Sutzkever (1913-2010) s’est installé en Israël en 1947. Fondateur de la prestigieuse revue littéraire Di Goldene keyt, il est considéré comme l’un des plus grands poètes de langue yiddish.

Traduit du yiddish par Gilles Rozier

Préface d’Annette Wieviorka

Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

- Commander le livre auprès de la librairie du Mémorial de la Shoah.