Les FTP-MOI Paris Toulouse 1942-1944

Invité de cette semaine, Mosco Lévi Boucault, réalisateur, dont les deux films qu’il avait consacrés aux FTP-MOI sont désormais disponibles en coffret DVD aux éditions Arte.

Affiche rouge

Ils avaient des « noms difficiles à prononcer ». Quelques-uns étaient juifs, beaucoup étaient communistes nés en France, en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Italie, en Arménie, en Espagne ou au Brésil. En 1942, ils prenaient des armes de fortune, à Paris et à Toulouse, pour combattre l’occupant nazi et le régime de Vichy. Les uns parce qu’ils avaient fait la guerre d’Espagne et avaient des comptes à régler avec le fascisme. Les autres parce qu’ils étaient persécutés. Ils ont formé les FTP-MOI : francs-tireurs partisans de la main-d’oeuvre immigrée.

Ils ont risqué leur vie pour libérer le sol de France, leur terre d’asile. Ceux qui par miracle ont survécu racontent l’histoire de leur combat.

Ni travail, ni famille, ni patrie , 1993, 90 min.
Commentaire dit par Wladimir Yordanoff

En 1939, les membres des FTP-MOI ne se connaissaient pas. En 1942, ils prennent ensemble les armes pour combattre l’occupant nazi et le régime de Vichy. Ils forment à Toulouse la 35e brigade FTP-MOI. Beaucoup sont morts – déportés, fusillés, guillotinés – certains, par miracle, ont survécu et racontent.

Des « terroristes » à la retraite, 2001, 72 min.
Commentaire dit par Simone Signoret et Gérard Desarthe.

Des survivants du groupe Manouchian, résistants communistes étrangers, juifs pour la plupart, racontent l’itinéraire qui les a conduits en France, puis à la Résistance et à la lutte armée, jusqu’à l’arrestation du groupe dans des circonstances “amères”.

Compléments de programme, 50 min
Réalisés par Mosco Levi Boucault

La M.O.I. par Stéphane Courtois, historien

Résister, Résistances par Olivier Wieviorka, historien

La résistance communiste et la Shoah par Serge Klarsfeld, historien

Les arrestations de 1943 à Paris par Stéphane Courtois, historien

Les valises de Raymond Kojitsky par Charlotte Lazimi

Résister en temps de paix par le Docteur Jacques Barsony

Langue : Français
Prix du coffret : 14,95 €

Commander de le coffret auprès d’Arte boutique

 

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Primo Levi: le passage d’un témoin

Au sommaire de cette émission, un itinéraire biographique, celui de Primo Levi, à l’occasion de la parution aux éditions Fayard de Primo Lévi, le passage d’un témoin, de Philippe Mesnard, professeur des Universités en littérature générale et comparée à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand et directeur dela Fondation Auschwitz de Bruxelles, qui est notre invité aujourd’hui.

Philippe Mesnard retrace le parcours d’un homme qui a grandi auprès de parents distants, à l’ombre du fascisme mussolinien, celui d’un jeune homme brillant qui se destinait à la chimie, celui d’un homme qui a connu l’antisémitisme et les camps nazis, et celui d’un écrivain qui signe un témoignage qui fera date, Si c’est un homme. Mais ce parcours est aussi celui d’un homme inquiet, désormais tiraillé pour toujours entre son rêve d’écriture, son devoir de témoin, ses souvenirs envahissants et sa vue de famille étouffante, autant de failles qui peuvent expliquer le fait que Primo Levi se suicide en 1987, à l’âge de 68 ans.

Ne voir en Primo Levi qu’un témoin, même exemplaire, serait limiter son importance. Inlassable chroniqueur pour La Stampa, homme de radio et de télévision, Primo Levi fut surtout un intellectuel engagé, qui a produit une pensée authentiquement singulière. Lauréat de nombreux prix, poète, romancier, nouvelliste, dramaturge et essayiste, il a laissé une œuvre que la seule catégorie du témoignage ne suffit pas à définir. À cela, on doit ajouter que la chimie a constitué pour lui un métier, comme il aimait à le dire, mais aussi une manière de voir et de se situer dans le monde. Il termine sa carrière à la tête d’une entreprise chimique d’ampleur internationale. Cet homme multiple, hyperactif, polyglotte constitue en soi une énigme, laquelle est redoublée par son suicide, le 11 avril 1987. L’exploration de son existence fait découvrir des paradoxes, des fissures et des hantises qui ne renvoient pas toute à la violence concentrationnaire, mais aussi à son histoire familiale et à sa vie professionnelle. Autant de dimensions qui amènent à remettre en question les clichés qui l’enfermaient dans le mythe de l’optimiste invétéré et de l’infaillible témoin. Basée sur de nombreux documents inédits, cette biographie offre un double éclairage sur la vie sociale et familiale de ce Juif piémontais, amoureux de la montagne, qui, lorsqu’il était étudiant, aurait aimé se consacrer entièrement à la chimie, ainsi que sur ce qui différencie des autres le témoignage de Primo Levi sur les camps, et lui donne une force exceptionnelle.