Vie et destin: le manuscrit sauvé du KGB

Emission du 22 octobre 2017: notre invitée est la réalisatrice Priscilla Pizzatto, pour le documentaire qu’elle consacre à l’histoire du livre Vie et Destin, de Vassili Grossman, qui sera projeté prochainement sur Arte.

« L’essentiel de notre XXè siècle tient dans le face à face des forteresses de la mort, Auschwitz et la Kolyma, et tout ce qui tourne autour, nazisme, communisme, guerre mondiale, révolution… Si l’on veut écrire un livre qui ait une chance de totaliser un peu de l’esprit de ce temps, et pas seulement de témoigner d’une réalité partielle,  il suffit de prendre à bras le corps ce grand débat, grand jeu de miroir en fait. C’est ce qu’a fait Vassili Grossman avec Vie et Destin. Il fallait seulement avoir vécu soi-même au cœur des ténèbres et se sentir la force d’un Titan ». Ces phrases sont d’Olivier Rolin, parues dans Libération au début des années 80, quand Vie et Destin  est enfin devenu disponible dans sa traduction en français ; Olivier Rolin, l’un des intervenants du documentaire Le Manuscrit sauvé du KGB. ‘Vie et destin’ de Vassili Grossman, qui sera diffusé le 25 octobre sur Arte. 35 ans après avoir écrit ces lignes, il revient y dire aujourd’hui le choc que représente la découverte de ce livre monumental qui raconte la bataille de Stalingrad, la découverte des camps nazis et la prise de conscience de l’extermination des Juifs, et cela en engageant une ample réflexion sur le totalitarisme où le nazisme et le stalinisme sont en effet mis l’un en face de l’autre.

NB l’émission annonçait une diffusion le 25 octobre 2017: celle-ci a été reportée, Arte ayant finalement programmé une soirée d’hommage à Danielle Darrieux ce même soir.

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Témoignage d’Henri Rozen

Bonjour, nous recevons  aujourd’hui Henri (Hershel) Rozen-Rechels pour son livre « Je revois, un enfant juif polonais dans la tourmente nazie », paru aux Editions Le Manuscrit, dans la collection témoignages de la Shoah de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dirigée par Philippe Weyl. Henri Rozen est accompagné par Alan (Avrom) Rose, originaire de la même ville : Demblin (Pologne) qui a connu presque le même parcours que lui.

Henri, né à Demblin en 1933, a connu l’invasion nazie, les persécutions, la première déportation des Juifs de sa ville dont sa soeur et son frère sont victimes, le ghetto de Varsovie, puis la disparition de son père convoqué à la Kommandantur et la seconde déportation à laquelle il se soustrait de justesse.

Il n’échappe pourtant pas au camp de travail de Demblin, à celui de Czestochowa où il est déporté avec son grand-père, et au camp de concentration de Buchenwald. Enfin, il vit la libération au camp-ghetto de Terezin, au terme d’un transport de trois semaines auquel son aïeul chéri ne survit pas.

Après guerre, Henri, rétabli du typhus, retrouve sa mère avec qui il parvient à quitter la Pologne communiste pour Paris. Ce n’est que 50 ans plus tard qu’il accepte, pour ses petits enfants, de raconter sa « guerre ».

Le résultat est un cahier d’écolier manuscrit, bouleversant, où il retrace, avec un style poignant de sincérité, ce qu’il a vu et ressenti à hauteur de l’enfant qu’il était.

Sans éluder les blancs de sa mémoire, il donne des flashs, analyse ce qu’il ressent, ce qu’il comprend et ce qui lui échappe parce qu’il est un enfant. Un témoignage probe, d’une force unique.

 

Henri Rozen en Pologne avec son frère et sa soeur
Henri Rozen en Pologne avec son frère et sa soeur

Irène Némirovsky, « Il me semble parfois que je suis étrangère »

Olivier Philiponnat, commissaire de l’exposition consacrée à Irène Némirovsky au Mémorial de la Shoah dresse le portrait de cette femme écrivain, au delà du succès posthume de son dernier roman Suite française.
L’émission s’interroge sur les multiples identités d’Irène Némirovsky, russe, juive, française, apatride. Son oeuvre et son destin témoignent, comme peu d’autres,  du désarroi croissant des Juifs et des étrangers dans la France des années 1930.

Emission animée par Perrine Kervran.
Albert Harlingue, 1938
Irène Némirovsky, par Albert Harlingue, 1938, collection IMEC

L’exposition au Mémorial de la Shoah présente la vie et  l’oeuvre d’Irène Némirovsky dans toute sa complexité et révèle son travail acharné jusqu’aux derniers jours de sa vie, à travers un grand nombre d’archives originales jamais présentées au public : l’enregistrement de la voix d’Irène Némirovsky, ses premiers poèmes russes et premiers textes en français, son journal d’écrivain sous l’Occupation, les manuscrits de David Golder et de Suite française

- Voir le site de l’exposition.

- Plus d’information sur le site du Mémorial de la Shoah.