Architecture et mémoire

Émission du 21 octobre 2018 avec Christophe Carraud, traducteur et éditeur du livre d’Adachiara Zevi, Monuments par défaut, paru dans la collection Teamim des éditions de la revue Conférence.

Quelle forme donner quand on veut faire un monument pour la Destruction ? C’est la question que se sont posées chacun des architectes qui ont travaillé à de tels projets, de Moshe Safdie, concepteur du nouveau musée de Yad  Vashem à Peter Eisenman pour le mémorial de Berlin en passant par le Mémorial américain de l’Holocauste à Washington conçu par James Hugo Freed ou le Mémorial de Drancy conçu par l’architecte Suisse Roger Diener? N’est-on pas face à une équation impossible, une contradiction dans les termes? Est-ce qu’un monument pour la Destruction ne peut pas être qu’un monument par défaut? C’est l’interrogation d’Addachiara Zevi, architecte et  historienne d’art, dans un livre initialement paru en italien et que Christophe Carraud a traduit et édité.

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Ouverture du Mémorial de Rivesaltes

Nous recevons aujourd’hui Denis Peschanski, historien et président du conseil scientifique du mémorial de Rivesaltes qui sera inauguré le 16 octobre prochain en présence du Premier Ministre Manuel Valls.

memorial rivesaltes Le Mémorial du camp de Rivesaltes se propose de rappeler le souvenir des différentes communautés qui se sont succédé sur cet camp ancien militaire du Sud de la France: Espagnols, Juifs et tsiganes, de 1941 à 1942, soit 17500 personnes internées dans ce camp de la zone dite « libre », puis harkis en 1962.

RvesaltesLe projet de ce mémorial est né dans les années 90, à l’initiative de Claude Delmas, Claude Vauchez et Serge Klarsfeld et il a fallu presque 20 ans pour qu’il voit enfin le jour, grâce notamment à l’impulsion de Christian Bourquin, qui a porté ce projet avec le Conseil Général des Pyrénées orientales et la Région Languedoc Roussillon, et qui s’est éteint l’année dernière avant que le site ne soit inauguré.

C’est l’architecte Rudy Ricciotti, à qui l’on doit déjà le Mucem à Marseille, qui a conçu, au milieu des ruines du camp, ce mémorial de béton de 210 mètres de long et de 3000 m2 d’espace intérieur et qui abritera salles pédagogiques, auditorium et expositions permanentes et temporaires.

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Le Mémorial des arméniens

Cette semaine, notre invité était Yves Ternon, historien, spécialiste des Génocides, à l’occasion de la parution du Mémorial du Génocide des Arméniens qu’il a co-écrit avec Raymond Kervokian et qui vient de paraître aux éditions du Seuil. 

Livre de référence organisé chronologiquement, le Mémorial a pour ambition de refléter la totalité des connaissances actuelles sur le génocide des Arméniens. Accompagné de photos, de cartes et de tableaux, il rassemble des centaines de textes de l’époque, officiels ou privés, accompagnés des commentaires et analyses des auteurs.

A noter, à partir du 27 mars 2015, l’exposition au Mémorial de la Shoah sur « Le Génocide des Arméniens en 915: stigmatiser, exclure, détruire« . Le Commissariat de cette exposition est assuré par Yves Ternon, Claire Mouradian et Raymond Kévorkian.

Un colloque aura également lieu sur le sujet le jeudi 26 mars 2015 au Mémorial de la Shoah

 

les 70 ans du CDJC

Bonjour, à l’occasion du 70e anniversaire de la création du CDJC, le centre de documentation juive contemporaine, qui  s’appelle désormais le centre de documentation du Mémorial de la Shoah,   nous recevons aujourd’hui Simon Perego, l’un des commissaires de l’exposition « CDJC, 1943-2013 : documenter la Shoah » qui est présentée  au Mémorial de la Shoah à Paris jusqu’au 17 novembre 2013.

Crédit :  Daniel Frank Photo du service des archives du CDJC dans les années 50
Crédit : Daniel Frank
Photo du service des archives du CDJC dans les années 50

C’est au 42 rue Bizanet à Grenoble, chez Isaac Schneersohn,  le 29 avril 43, en pleine guerre, qu’est créé le CDJC. A l’instar des archives du ghetto de Varsovie recueillies par l’organisation Oyneg Shabat dirigée par Emmanuel Ringelblum, il s’agissait de recueillir aussi des preuves de ce qui était en train de se passer en France, de constituer une documentation pour qu’après la guerre, on puisse écrire cette histoire et rendre justice aux victimes.

Plus d’informations: Mémorial de la Shoah