Transmettre l’histoire de la Maison d’Izieu

A l’occasion de la parution du numéro « Enseigner l’histoire de la Shoah » de la Revue d’histoire de la Shoah, dont un des articles est consacré à l’action pédagogique de la Maison d’Izieu, Mémoires Vives reçoit Pierre-Jérôme Biscarat, historien, auteur de cet article, pour expliquer l’approche spécifique développée à la Maison d’Izieu.

Emission présentée par Perrine Kervran

La Maison d’Izieu est créée en mai 1943 par l’Oeuvre de secours aux enfants, pour accueillir des enfants qui pour la plupart ont été sortis des camps d’internement. Le 6 avril 1944, sur l’ordre de Klaus Barbie, 44 enfants restés à la colonie sont raflés et déportés avec leurs 7 éducateurs dont seule survivra Léa Feldblum, ainsi que Sabine Zlatin, absente ce jour là, et qui est à l’origine de ce lieu de mémoire.

Grâce à Serge Klarsfeld et à l’arrestation de Klaus Barbie, la Maison d’Izieu revient dans l’espace national et s’ouvre en 1994 un Musée-Mémorial à Izieu. Le parcours muséographique est scindé en deux étapes : histoire et mémoire, à travers une exposition dans la grange qui explique le contexte, les faits historiques, les parcours de familles, et la maison qui est une évocation de la mémoire des enfants à travers les traces de leur absence. L’approche de la maison d’Izieu vise à éviter une pédagogie du choc et avant-tout transmettre un regard critique, des outils de réflexion. Des séminaires et des voyages pédagogiques sont également organisés pour les enseignants.

Pierre-Jerome Biscarat, est auteur de Dans la tourmente de la Shoah : Les enfants d’Izieu. Michel Lafon, Paris 2008.

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La Pologne, les Juifs et le communisme

Invité de cette émission, Jean-Charles Szurek, directeur de recherches au CNRS, spécialiste de la Pologne et des relations judéo-polonaises, auteur de la Pologne, les Juifs et le communisme, paru aux éditions Michel Houdiard.

Emission animée par Perrine Kervran.

Cet ouvrage est un recueil d’articles qui retracent l’histoire des relations entre les Juifs et les Polonais et celle de l’antisémitisme en Pologne qui a pris de nombreuses formes, en particulier les terribles progroms d’après guerre comme celui de Kielce en 1946. On le sait aujourd’hui: l’idéologie communiste, son socle antifasciste et l’universalisme assimilationniste du régime ont organisé l’oubli de la spécificité juive de l’extermination. Mais Jean-Charles Szurek nous livre aussi un regard sociologique sur le présent et sur la façon dont aujourd’hui se construit de mieux en mieux l’historiographie de la présence juive en Pologne, sa politique mémorielle, et la renaissance d’une certaine vie juive polonaise – à la faveur d’un mouvement récent où de nombreux enfants cachés qui se croyaient polonais et catholiques découvrent aujourd’hui leur judéité.

Les intellectuels dans la machine de guerre SS

Christian Ingrao, Directeur de l’Institut de l’histoire du temps présent, spécialiste du nazisme évoque son livre, Croire et Détruire, paru aux éditions Fayard.

Emission animée par Perrine Kervran

Christian Ingrao, Croire et Détruire, Fayard 2010

Au terme d’une enquête éprouvante dans les archives du SD et de la SS, Christian Ingrao retrace le destin des universitaires nazis,  engagés au sein des organes de répression du 3 ème Reich. Enfants de la grande Guerre, ces économistes, juristes, linguistes, philosophes ou historiens avaient à peine trente ans lors de l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir. Ils ont théorisé et planifié l’élimination de vingt millions d’individus de race prétendument « inférieure ». Ils ont organisé et assisté à l’extermination d’un million d’entre eux.
Christian Ingrao éclaire leur engagement nazi, étudie leurs manières d’envisager  le « Monde d’ennemis » qui, selon eux, les menace.  Grâce à cette étude pionnière, on comprend comment ces hommes ont basculé dans le meurtre de masse.

L’internement des tsiganes en France

Raphaël Pillosio, réalisateur du film des Français sans Histoire, parle de son travail sur l’internement des « gens du voyage » en France de 1940 à 1946

Emission animée par Perrine Kervran

des Français sans Histoire, un film de Raphaël Pillosio

La France a interné des hommes, des femmes et des enfants catégorisés comme « Nomades » durant la Seconde Guerre mondiale. Dans une trentaine de camps disséminés dans tout le pays, environ 6 000 personnes ont été emprisonnées de mai 1940 à mai 1946. Raphaël Pillosio est parti à la recherche des dernières traces de ce passé. Il raconte l’histoire méconnue d’une population marginalisée et stigmatisée depuis plus d’un siècle par l’Etat français.

Ce film a reçu le soutien de la FMS.


- Disponible en DVD

 

Commander le DVD sur le site de l’Atelier documentaire
atelierdocumentaire@yahoo.fr