Mère de guerre

Nous recevons aujourd’hui Adolphe Nysenholc et Annie Rayski,  à l’occasion de la pièce « Mère de guerre », présentée pour la première fois à Paris avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

220px-AdolpheNysenholc« Mère de guerre », c’est un texte poignant qui met en scène un fils, sur le point de mourir, qui est violemment partagé entre l’amour pour ses parents, qui sont morts en déportation et celui pour ceux qu’il appelle parâtre et marâtre,  un couple de belges âgés, qui l’ont sauvé de la mort en le recueillant chez eux, pendant la guerre. Cette thématique de la fidélité à ses origines est ici amplifiée, mise en perspective par le fait que les principaux protagonistes sont morts, les parents déportés et les parents adoptifs et qu’il faut maintenant pour le fils choisir qui il va rejoindre dans la mort, le parâtre et la marâtre qui ont droit à une sépulture ou ses parents qui ont été anéantis dans une mort anonyme. Cette métaphore de ce fils visité par ses morts amène une réflexion sur cette question de la fidélité qui ne cesse de se poser, à tous les âges de la vie.

Jusqu’au mer. 30 janv. 2013 – Théâtre Aire Falguière, Paris – Mère de guerre présente un jugement de Salomon moderne. Un fils au seuil de la mort doit choisir entre deux femmes, deux revenantes, pour l’accompagner dans l’au-delà. La première est une jeune fille morte en déportation qui le hante tel un dibbouk, une âme en perdition. L’autre, décédée à plus de 90 ans, est une Juste qui a sauvé l’enfant durant la guerre. Mais qui est la vraie mère ? Celle qui donne la vie ou celle qui la préserve ?

Lecture de et par Adolphe Nysenholc
Accompagné à l’alto par Sonia Moshnyager

Ce spectacle a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Représentations

Les mercredis du 9 au 30 janvier 2013 à 21h

Théâtre Aire Falguière
55, rue de la Procession
75015 Paris

Tarif plein : 20 €, réduit : 15 €, étudiant : 10 €

Réservation : resa.airefalguiere@orange.fr ou 01 56 58 02 32

Finaliste du Prix Rossel pour son roman Bubelè, l’enfant à l’ombre (Ed. L’Harmattan, 2007), Adolphe Nysenholc est aussi l’auteur de plusieurs essais sur le cinéma. La pièce Mère de guerre (Ed. Lansman, 2006) a été présentée à Cracovie, Sibiu (Roumanie), Marseille, Jérusalem (à Yad Vashem), Avignon, Anvers, Yale University (USA)…

Publicités

Haim à la lumière d’un violon

Invité aujourd’hui, Gérald Garutti qui a écrit et mis en scène le spectacle musical Haim à la lumière d’un violon, qu’on peut voir les samedi et dimanche au Vingtième Théâtre à Paris.

Le spectacle retrace la vie de Haim Lipsky, et nous entraîne à sa suite dans le ghetto de Lodz, où il passe son enfance et développe une passion et un don pour la musique et le violon en particulier, puis évoque sa déportation à Auschwitz-Birkenau, où il devra jouer pour les nazis avant de raconter son retour des camps et son départ en Israël…

Il ne faut pas imaginer ce spectacle comme une pièce illustrée par la musique, mais plutôt un foisonnant récit à 5 voix, celle du violon Naaman Sluchin, petit fils de Haim Lispsky, du piano de Dana Ciocarlie, de la clarinette Samuel Maquin, de l’accordéon d’Alexis Kune et celle d’Anouk Grinberg qui glisse ses mots dans un fil musical qui nous fait aller du klezmer de Chopin en passant par Mendelssohn et Bartok. Un récit qui raconte comment la musique peut aider à survivre et surtout à revivre.

Ce spectacle a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

- Dossier de présentation du spectacle (pdf)

Distribution

Création : Compagnie C(h)aracteres
Ecriture et mise en scène : Gérald Garutti
Avec Anouk Grinberg (récitante et collaboration artistique) et les musiciens Naaman Sluchin (violon), Dana Ciocarlie (piano), Les Mentsh : Alexis Kune (accordéon) et Samuel Maquin (clarinette)

Représentations

Du samedi 28 janvier au dimanche 3 juin 2012
Les samedis et dimanches

Samedi à 15h :
Les 28 janvier, 18 février, 3 mars, 10 mars, 7 avril, 14 avril et 21 avril.

Dimanche à 20h30 :
Tous les dimanches du 29 janvier au 3 juin, sauf les 11 mars, 22 avril et 6 mai.

En semaine à 21h30 :
Représentations exceptionnelles les mercredi 2, jeudi 3 et vendredi 4 mai 2012

Vingtième Théâtre
7, rue des Plâtrières 75020 Paris
Métro Ménilmontant ou Gambetta
Réservations : 01 43 66 01 13
Renseignement : www.characteres.com ou www.vingtiemetheatre.com

Pleurnichard

A l’occasion des lectures de Pleurnichard qui auront lieu au théâtre du Rond-Point du 8 au 12 mars 2011, Mémoires Vives reçoit Jean-Claude Grumberg, auteur dramatique.

Emission animée par Perrine Kervran

Pleurnichard. C’est le joli titre du livre de Jean-Claude Grumberg paru en 2010 aux éditions du Seuil et c’est aussi une sorte de pseudonyme pour dire l’enfant, l’adolescent et le jeune homme qu’il a été. Dans ce livre dont il lira des extraits sur scène, l’auteur devenu homme de théâtre et écrivain regarde avec tendresse et ironie l’orphelin apeuré dont le père est mort « en déportation », l’apprenti tailleur inconsolable qui rêve d’une autre vie et l’enfant en colère qui partait en colonies de vacances dans les pays communistes. C’est un livre grinçant, mordant, mais aussi un livre qui fait rire tout haut, ce qui n’est pas si fréquent. Et pourtant, c’est aussi la voix d’un enfant rempli d’un chagrin qui le dépasse et qu’il ne comprend pas.

Comme un funambule sur son fil, Pleurnichard guide Jean-Claude Grumberg dans la traversée de sa vie. L’un se cachant derrière l’autre, tous deux tentent de vaincre leur peur en la proclamant.
« […] Comment se venger ? de quoi ? Pleurnichard avait trouvé inconsciemment son moyen : insulter les flics, les douaniers, les préposés à l’état civil ou tout autre fonctionnaire rond de cuir et manches de lustrine, les instituteurs, les contrôleurs SNCF et RATP, tous ceux qui incarnaient plus ou moins à ses yeux le pouvoir, l’autorité. Voilà. […]

Drôle de manière de se venger dites-vous ? Sans doute. Refuser la société même au sein des organisations dont le but avoué semblait être la destruction de cette société, se faire un devoir d’y râler, d’y ricaner, d’y douter, d’ironiser. On tue ton père et tu ne te venges pas. Hamlet. La pièce était faite. Faire ou défaire, voilà la question. […] »

« En fait, je n’ai jamais su vraiment me comporter devant le malheur absolu. Faut-il pleurer, s’arracher la tête et la piétiner, ou rire à en crever? Désormais, pour être sûr d’être tout à fait humain, je m’efforce et m’efforcerai de faire les trois ensemble. »

Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu

Sam Braun, rescapé d’Auschwitz est l’invité de cette émission, consacrée à la fois à son témoignage (édité chez Albin Michel), et à la pièce de théâtre qui en est issue (adaptation, mise en scène et interprétation de Patrick Olivier).

Emission animée par Irène Omélianenko

Il aura fallu 40 ans à Sam Braun pour témoigner. Une traversée du silence précieuse pour sortir d’Auschwitz et revenir à la vie. Une prise de parole vécue comme une seconde libération qui au fil du temps a forgé une certitude : la nécessité d’une transmission pour que la vie et l’espérance triomphent de la barbarie.

Le 12 novembre 1943, Sam Braun et sa famille sont arrêtés à Clermont-Ferrand et déportés à Auschwitz, via le camp de Drancy. Sam a 16 ans, il reviendra seul. Ses parents et sa soeur de 10 ans seront gazés dès le premier jour. Sam Braun a passé deux hivers à Auschwitz, il devra encore survivre à la « marche de la mort », errance infernale sur les routes d’Europe jalonnées de coups. Lorsqu’il est enfin libéré, il pèse 35 kg.

Patrick Olivier dans le rôle de Sam Braun

La mise en scène de Patrick Olivier restitue la puissance du témoignage de Sam Braun, dans un va-et vient entre l’horreur du réel et le refuge de l’esprit.

Ce spectacle de la Compagnie Trans Europe Théâtre a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Représentations

Du dimanche 14 novembre au lundi 13 décembre 2010

Kiron Espace
10, rue La Vacquerie
75011 Paris
M° Voltaire ou Philippe Auguste

- Informations /réservations :
Espace Kiron : 01 44 64 11 50
Cie Trans Europe Théâtre : 06 32 56 61 87

- Possibilité de matinées scolaires les lundis à 14 heures sur demande pour les collèges et lycées.

Au Théâtre de L’Epée de Bois ( Cartoucherie – 75012 Paris )   une représentation exceptionnelle dans la grande salle ( 300 places ) aura lieu le 16 février 2012 à 14 h30.

Le prix des places est de 10 euros pour les élèves, accompagnateurs gratuit.

Informations: Johanne Furlan ( 06 32 56 61 87 / transeuropetheatre@wanadoo.fr )

Patrick Olivier et Sam Braun