L’internement des Nomades

Émission du 17 février 2019 avec Ilsen About, chargé de recherche au CNRS, membre du Centre Georg Simmel (EHESS) et spécialiste de l’histoire des mondes tsiganes en France et en Europe.  Ilsen About est l’un des commissaires scientifiques de l’exposition L’internement des Nomades, une histoire française (1940-1946), présentée jusqu’au 17 mars 2019 au Mémorial de la Shoah. Il est également le responsable scientifique d’un projet qui vise à collecter les témoignages audiovisuels de témoins survivants en France. Ce projet reçoit le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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Montreuil-Bellay, un camp tsigane oublié

Cette semaine, notre invité est le réalisateur  Alexandre Fronty, qui signe un film sur le camp d’internement de Montreuil-Bellay. Il s’agit du plus grand camp d’internement des Nomades en France pendant la Seconde guerre mondiale. ce documentaire raconte l’histoire du camp, mais aussi sa difficile mémoire.

A vingt kilomètres de Saumur, près de la ville de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire, des milliers de Tsiganes ont été internés entre novembre 1941 et janvier 1945. Les « nomades », comme on les appelait à l’époque, ont d’abord été assignés à résidence avant d’être enfermés sur ordre des autorités allemandes. Le camp de Montreuil-Bellay était le plus grand camp d’internement pour nomades de France. Plus de la moitié des Tsiganes internés en France ont transité par ce camp. Des familles y ont été internées pendant 5 ans jusqu’en janvier 1945. Raflés et entassés dans des baraques en bois, les Tsiganes étaient surveillés par des gardes français. Manque d’eau, absence de soins, nourriture précaire, les conditions de vie étaient lamentables. Une trentaine d’enfants en bas âge et des clochards, arrêtés avec les nomades, ont succombé à Montreuil-Bellay. Sans l’action de l’historien Jacques Sigot, le camp aurait progressivement disparu des mémoires. Les vestiges du camp de Montreuil-Bellay ont été inscrits aux monuments historiques en 2010.

Montreuil-Bellay, un camp tsigane oublié
Documentaire réalisé par Alexandre Fronty (52 min.)
Une coproduction LCP / Zoulou compagnie Production – 2012

Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Diffusions

Multidiffusion en mai sur LCP – Assemblée nationale

Voir les dates de diffusion sur le site de la chaîne

Tsiganes, nomades, un malentendu européen

Tsiganes, nomades, un malentendu européen: c’est le titre du colloque international et transdisciplinaire qui se tiendra du 6 au 9 octobre à Paris (au Mémorial de la Shoah, à l’Université de Paris 8, à l’Institut Hongrois et au Petit Palais) puis les 24 et 25 novembre 2011 à Pau. Nos invitées pour en parler, Catherine Coquio, coorganisatrice du colloque avec Jean-Luc Poueyto, et Henriette Asséo, historienne, spécialiste de l’histoire des tsiganes.

Avec l’aide d’historiens, d’anthropologues, de professeurs de littérature, de sociologues, de philosophies, d’ethnologues, ce colloque se proposer d’évoquer l’histoire du génocide tsigane, cette « catastrophe invisible », l’anti-tsiganisme comme racisme, la « question Rom » dans la politique européenne actuelle, la question de l’exotisme des tsiganes dans la conscience collective, évoquer la langue et la littérature tsigane et enfin la présence des tsiganes et des nomades dans la création artistique et littéraire.

Il sera accompagné d’un cycle de films -rares pour la plupart- au cinéma Les Trois Luxembourg(5e arr. de Paris) du 5 au 11 octobre 2011 avec notamment:

mercredi 5 octobre, 20h: film de Katrin Seybold Das Falsche Wort réalisé en Allemagne en 1987 sur le refus allemand de « réparer », projection en présence de la réalisatrice.

Samedi 8 octobre 21 h: Latcho Drom, en présence de Tony Gatlif

Lundi 10 octobre : films « russes » : le film d’E. Lotianou Les Tsiganes montent au ciel, puis le montage exceptionnel réalisé exprès par Charles Urjewicz sur le cinéma russe et soviétique incluant le  1er film de fiction (2 minutes) réalisé sur les Tsiganes en 1908 !

Le colloque est organisé par les centres « Littérature et Histoire » de l’université de Paris 8, l’Item de l’université de Pau et le département de philosophie de l’université de Vérone.

Avec le soutien de l’Institut universitaire de France, de la Maison des Sciences de l’homme et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

www.tsiganes-nomades-un-malentendu-europeen.com