Les Quatre soeurs de Claude Lanzmann

Emission du 17 juin 2018 : à l’occasion de la sortie en salles le 4 juillet prochain des
Quatre soeurs, de Claude Lanzmann, nous rediffusons l’émission réalisée avec Serge Toubiana, ancien directeur des Cahiers du cinéma et de la Cinémathèque française. Un film consacré à quatre survivantes de la Shoah, quatre destins éloignés et pourtant proches : Ruth Elias, Ada Lichtman, Paula Biren, et Hanna Marton.

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2018 - Film-Les quatre soeurs

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Résistance juive à Varsovie : un témoignage inédit

Émission du 27 mai 2018 : Notre invité est Jean-Charles Szurek, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la Pologne et des relations judéo-polonaises qui a supervisé l’édition du témoignage de David Klin, paru dans la collection « Témoignages de la Shoah », dirigée par Philippe Weyl.

Le soulèvement du ghetto de Varsovie fut le plus grand, le plus important sur le plan symbolique, et le premier à se dérouler dans une ville de l’Europe occupée, en avril 1943.

Comme on le sait, peu de combattants survécurent, et purent témoigner de cette révolte. Marek Edelman, à qui la ville de Paris vient de dédier une place dans le XIe arrondissement était l’un d’entre eux. Et on découvre aujourd’hui une autre figure majeure de la Résistance juive, celle de David Klin, alias Bronislaw Marcczak, qui était l’un des dirigeants du mouvement socialiste juif du Bund avant guerre, et dont le témoignage, exceptionnel, qui porte sur toute la durée de la guerre à Varsovie paraît pour la première fois en français, dans la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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David Klin, Varsovie, 1942 – Coll. particulière 

Une rencontre aura lieu au Mémorial de la Shoah jeudi 14 juin 2018 à 19H30, en présence de Serge Klarsfeld, qui préside la collection Témoiganges de la Shoah, de Bernard Wasjbrot qui a traduit ce texte, d’Alexandra Garbarini, historienne, au Williams College, Massachusetts, et de Jean-Marc Dreyfus, historien, a supervisé l’édition d’un autre témoignage qui sera à l’honneur ce soir là, celui de Lucien Dreyfus.

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Le ghetto de Venise

A l’occasion des 500 ans du décret du 29 mars 1516 qui fonde la naissance du ghetto de Venise, le premier ghetto de l’histoire juive, la chaine Toute l’Histoire diffuse le 25 mars 2016 à 20h45 un film d’Emanuela Giordano sur l’histoire de la communauté juive vénitienne. Nous recevons cette semaine Riccardo Calimani, historien spécialiste du ghetto de Venise et Ilann Girard, le co-producteur français du film.

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Maryan: la ménagerie humaine

Notre invitée cette semaine est Nathalie Hazan Brunet, conservatrice, commissaire de l’exposition sur le peintre Maryan, survivant de la Shoah, au Musée d’art et d’histoire du judaïsme.

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Peuplée de juges, de gardiens de camps, de clowns, d’inquisiteurs, de bourreaux, d’imbéciles – une humanité avilie ou terrorisée –, l’œuvre de Maryan (Pinchas Burstein, 1927-1977) est puissante, tragique, grinçante, inclassable. Né en Pologne, à Nowy Sacz, Maryan passe son adolescence dans des ghettos, des camps de travail et de concentration.

Seul survivant de sa famille, il part en 1947 pour la Palestine et entre à l’école d’art Bezalel à Jérusalem, où il expose pour la première fois en 1949. L’année suivante, il se rend à Paris, étudie à l’École nationale supérieure des beaux-arts, dans l’atelier de Fernand Léger, et suit des cours de lithographie.

Dès 1952, il expose à la galerie Breteau, puis, à partir de 1956, à la galerie de France, tout en participant à de nombreux salons et expositions collectives. En 1962, lassé du monde de l’art parisien, il s’installe à New York et devient citoyen américain. Il décède subitement, au Chelsea Hotel, en 1977.

Dans les années 1950, sa peinture oscille entre une figuration cubisante, graphique et narquoise et une abstraction dans laquelle on devine des corps, des visages, des formes animales.

À partir de 1960, ses personnages enfermés dans des boîtes cèdent la place à un carnaval de créatures, mi-hommes mi-animaux, incarnant pouvoir, autosatisfaction, dégoût, idiotie. Si sa peinture trouve à New York un environnement artistique où se déployer, cette liberté coïncide avec une fragilité grandissante, physique et mentale, de l’artiste.

En 1971, sur les conseils de son psychanalyste, Maryan a recours au dessin pour expurger les visions qui l’obsèdent. Une année durant, il remplit à l’encre de Chine neuf carnets. Cet ensemble, sans équivalent, qu’il intitule Ecce homo sera présenté pour la première fois. Ils constituent le cœur et la trame de l’exposition. Avec un humour désespéré et ravageur, il y revient sur son enfance, sur sa traversée de la guerre, qu’il accompagne de commentaires lapidaires dans un anglais mâtiné de français, de yiddish et de polonais.

L’exposition n’est pas une rétrospective. Hormis un tableau clé de 1952, elle reprend les temps forts de l’œuvre peint et dessiné de 1960 à 1977. Elle comprend, outre les carnets de 1971 – donnés par la veuve de l’artiste au musée national d’Art moderne, Centre Pompidou en 2012 –, vingt peintures et une quarantaine de dessins regroupés par séries. Des extraits du film Ecce homo, tourné au Chelsea Hotel en 1975, seront montrés dans le parcours.

Exposition

Du mercredi 6 novembre 2013 au dimanche 9 février 2014

Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

Commissariat

Commissaire : Nathalie Hazan-Brunet
Commissaire associée : Catherine Thieck
Chargée de projet : Juliette Braillon

Cette exposition a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Maryan 1963 New York  photo Bernard Gotfryd
Maryan 1963 New York photo Bernard Gotfryd