Une lumière dans la nuit

Invité cette semaine de notre émission « Mémoires Vives » animée par Perrine Kervran, le Rabbin Iossef Gorodetsky, petit fils du Grand Rabbin Binyamin Eliahou Gorodetsky, dont les mémoires ont été rééditées.

Pendant plus de 60 ans, le Grand Rabbin Gorodetsky, fondé de pouvoir du Rabbi de Loubavitch et grand rabbin de la ville de Kiev, n’a eu de cesse de préserver et de ranimer la flamme juive, au péril de sa vie, dans sa Russie natale puis au cœur de l’exil. Échappant aux atrocités de la Seconde Guerre mondiale, il poursuit inlassablement sa mission et s’établit à Paris, où sur ordre du Rabbi, il fonde le Bureau Européen de Loubavitch, qui a pour vocation de venir en aide aux réfugiés d’Europe.

Il aura également pour mission de créer et de soutenir des institutions juives à travers l’Afrique du Nord et Israël.

En ces temps d’après-guerre, il mène de front une bataille pour la survie du peuple juif à travers la création d’institutions juives, qui deviennent peu à peu les lieux incontournables de l’éducation, de l’assistance sociale et du culte juifs et le sont encore aujourd’hui.

Attention aux enfants!

Invité de cette émission, le documentariste José Ainouz, qui a réalisé Attention aux Enfants! Les orphelins de la Shoah de Montmorency, qui sera présenté en avant première au Mémorial de la Shoah lundi 17 janvier 2011 à 19h30.

Emission présentée par Perrine Kervran


Ce film retrace le parcours des enfants juifs qui sont passés par les colonies et les maisons d’enfants de Montmorency, avant, pendant et après la guerre. On y rencontre une dizaine d’orphelins de la Shoah, aujourd’hui âgés, qui revivent pour la caméra de José Ainouz ces années d’enfance volée où ils ont dû fuir avec leurs parents, se séparer d’eux ou les voir se faire arrêter par la police française. Où ils ont dû s’installer dans de nouveaux lieux, dans de nouvelles vies, dans le provisoire et la séparation, vivre cachés. Où ils ont attendu et espéré longtemps le retour de leurs parents, avant de d’essayer de se reconstruire dans cette vie en collectivité.

(France, documentaire, 94 min, 2010, Les Documentaristes indépendants et 24 images Production)

Avec le soutien de l’OSE, le Renouveau, du CNC et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.


La projection au Mémorial de la Shoah aura lieu le 17 janvier à 19H30 en présence de José Ainouz, réalisateur, historien, de Katy Hazan, historienne, responsable du service Archives et Histoire de l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) et de plusieurs témoins.

Entrée libre sur réservation

Obtenir plus d’information sur le film et commander le DVD sur le site : www.orphelins-shoah-montmorency.com

• Première: Dimanche 30 janvier à 15h00 à l’Eden, Montmorency

Lire et relire André Schwarz-Bart

Invitée de cette émission, Francine Kaufmann, Professeur à l’Université Bar Ilan de Tel Aviv, qui a a publié Pour relire le Dernier des justes: Réflexions sur la Shoah (Méridiens-Klincksieck, 1987), et a consacré de nombreux articles à André Schwarz-Bart, notamment sur l’Etoile du Matin, le dernier livre d’André Schwarz-Bart, qui paraît aujourd’hui en édition de poche (Seuil, collection « Points »)

Emission animée par Perrine Kervran

André Schwarz-Bart, on s’en souvient, a connu un succès immense en 1959 lors de la publication de son premier roman, Le dernier des Justes, qui a remporté le prix Goncourt et a été vendu à plus d’un million d’exemplaires. Mais ce livre déclenche de vives polémiques. Même si André Schwarz-Bart est blanchi des accusations portées contre lui, le succès n’est plus au rendez-vous pour ses livres suivants. Blessé, il part s’installer en Guadeloupe auprès de sa femme, Simone, et décide de ne plus publier. Ce livre posthume, qui vient de paraître en poche aux éditions du Seuil, témoigne de ce qu’André Schwarz-Bart n’a jamais cessé d’écrire sur l’histoire des Juifs et de la Shoah, une histoire qui l’a marquée personnellement, ses parents, sa grand-mère, deux de ses frères et soeurs ayant été assassinés à Auschwitz-Birkenau. L’incapacité d’André Schwarz-Bart à finir l’Etoile du Matin était-elle, comme sa femme Simone nous le suggère, une façon de rester en contact avec les siens?

Sur l’Etoile du Matin

Comme dans le dernier des Justes, André Schwartz-Bart évoque la traversée des siècles d’une famille polonaise, les Schuster, qui traverse les persécutions jusqu’au destin du petit fils, Haim, hébergé dans le ghetto de Varsovie chez le docteur Korczak, puis déporté à Auschwitz. A l’instar des autres survivants de la Shoah, Haïm porte en lui la tragédie des siens et cette interrogation  Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ?

On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Robert Bober, réalisateur, écrivain, est l’invité de cette émission de « Mémoires Vives » pour parler de son dernier livre paru aux éditions P.O.L.

Emission animée par Perrine Kervran


Le titre de ce quatrième roman de Robert Bober est tiré d’un ouvrage de Pierre Reverdy. Il s’appelait initialement Je vadrouille autour de mon passé.Je vadrouille autour de mon passé, j’en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l’on pouvait exister une fois de plus…
(Henri Calet, Le Tout sur le tout)

Le personnage principal, Bernard, qui est également le narrateur, est amené apparemment par hasard, mais il n’y a pas de hasard en ces matières, à plonger dans l’histoire récente de sa famille. Une histoire qui n’est pas tout à fait anodine : nous sommes à Paris, au tout début des années soixante. Le père de Bernard a été raflé et déporté à Auschwitz, d’où il n’est pas revenu. Sa mère s’est remariée avec un ami d’enfance qui, lui, après lui avoir donné un autre fils, est mort dans un accident d’avion.
A travers l’enquête que mène Bernard Appelbaum sur les traces de ce passé, le narrateur, nous retrouvons tout l’univers de Robert Bober, tendre, drôle, fidèle…

Rencontres avec Robert Bober et projections au Mémorial de la Shoah

mardi 14 décembre 2010, 19 h
Récits d’Ellis Island
de Robert Bober et Georges Perec
(France, documentaire, 1979, 60 min, Ina)

En remontant la rue Vilin
de Robert Bober
(France, documentaire, 1991, 49 min, Ina)

jeudi 16 décembre 2010, 19 h
Vincent Van Gogh, lettres à son frère Théo
de Robert Bober et Pierre Dumayet
(France, documentaire, 2001, 52 min, V.F.Films Production, collection « Correspondances » de Pierre Dumayet)

20 h
Adresse provisoire : les Molines

de Robert Bober
(France, documentaire, 1977, 66 min, Ina)

dimanche 19 décembre 2010, 15 h 30
Israël : 25 ans d’existence, 2 000 ans d’histoire

de Robert Bober