Images clandestines

Cette semaine, notre invité est Ophir Levy, historien du cinéma, à l’occasion de la parution de son livre Images Clandestines, Métamorphoses d’une mémoire visuelle des  » camps » aux éditions Hermann.

phoyosophirDepuis les années 1960-1970, la mémoire confuse des camps de concentration et du génocide des Juifs est devenue peu à peu omniprésente, au point d’engendrer un authentique imaginaire des « camps » dont les motifs resurgissent dans des films n’ayant pourtant aucun rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Ces images clandestines apparaissent selon trois grandes modalités – l’imagerie, la persistance et la rémanence – qui affectent aussi bien le cinéma de science-fiction hollywoodien (Fleischer, Spielberg), les séries télévisées ou les films de zombies que le cinéma dit « d’auteur » européen (Godard, Bergman, Resnais, Akerman, Duras).

Ainsi, quelles images se trament sous les images ? Quel circuit mystérieux empruntent-elles parfois afin de parvenir jusqu’à nous ? Et surtout, de quelles obsessions et de quels discours nos images contemporaines sont-elles les véhicules ?

Ophir Levy enseigne l’histoire et l’esthétique du cinéma à l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle. Docteur en histoire du cinéma (Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), ses travaux sur les « images clandestines » ont été récompensés par le prix de la Recherche 2014 décerné par l’Inathèque.

Dans le cadre de ses recherches, Ophir Levy a bénéficié d’une bourse de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Cette publication a également reçu le soutien de la Fondation.

Préface de Sylvie Lindeperg

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Voir également le blog Les images clandestines d’Ophir Levy

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le voyage de Fanny

Cette semaine, notre invitée est Lola Doillon, réalisatrice, pour son film le Voyage de Fanny.

En 1943, dans la France occupée, Fanny et ses sœurs sont envoyées par leurs parents dans l’une des maisons d’enfants de l’OSE. Lors de l’arrivée des nazis en zone italienne, les membres de l’OSE précipitent le départ de plusieurs groupes d’enfants juifs vers la Suisse. Fanny et ses sœurs font partie d’un de ces groupes d’enfants qui voyageront et devront passer la frontière, seuls.

Ces neuf enfants subitement livrés à eux-mêmes, traqués de toutes parts, sauvés aussi parfois, vont s’efforcer de déjouer les pièges et de saisir les opportunités durant ces quelques jours.

Entre les peurs, les fous rires partagés et les rencontres inattendues, le petit groupe fait aussi l’apprentissage de l’indépendance et découvre la solidarité et l’amitié.

Avec Léonie Souchaud, Cécile De France, Stéphane De Groodt, Fantine Harduin, Juliane Lepoureau.

D’après le récit autobiographique de Fanny Ben-Ami, Le Journal de Fanny (Le Seuil, 2011).

Au cinéma le mercredi 18 mai 2016.

Dossier pédagogique et avant-premières pour les enseignants sur le site education.levoyagedefanny.fr

Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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Filmer la guerre: les images de la Shoah prises par les soviétiques

Cette semaine, notre invité est l’historien Alexandre Sumpf, commissaire de l’exposition présentée jusqu’au 27 septembre 2015 au Mémorial de la Shoah: filmer la guerre: les soviétiques face à la Shoah.

L'opératrice Maria Soukhova au sein d’une unité de partisans en Biélorussie en 1944 ; elle décèdera lors d’une attaque allemande quelques semaines plus tard. © RGAKFD.
L’opératrice Maria Soukhova au sein d’une unité de partisans en Biélorussie en 1944 ; elle décèdera lors d’une attaque allemande quelques semaines plus tard.
© RGAKFD.
Aujourd’hui, 70 ans après la libération des camps, chacun a en mémoire les terribles images que les photographes en ont rapportées. Seuls les opérateurs de cinéma soviétiques, au fi l de la reconquête du terrain perdu (1942-1943), puis de la conquête des pays baltes, de la Pologne et des territoires allemands orientaux (1944-1945) ont pu tourner sur les lieux des plus importants massacres de civils qu’ait connus l’Europe dans son histoire. Les images filmiques de ce crime, que l’Occident a pour la plupart oubliées, n’ont pas été exploitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment et dans quels buts ont été tournées, montées et projetées ces images en URSS pendant la guerre ? Pourquoi les Soviétiques ont-ils minimisé la spécificité des Juifs parmi les victimes des exactions nazies ? Les centaines d’images montrées dans cette exposition dévoilent l’ouverture des fosses et les traces des exécutions de masse en Europe de l’Est (Babi Yar, Kertch, etc.), la libération des camps, ainsi que les multiples procès et exécutions qui suivirent la Libération. Cette exposition tente d’en comprendre les usages, et cherche à saisir comment la diffusion d’une partie d’entre elles a façonné la représentation collective de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah.