Charlotte

Emission du 20 janvier 2019: notre invitée est Muriel Coulin, metteuse en scène et cinéaste, pour la pièce Charlotte, à partir de l’oeuvre de Charlotte Salomon: Vie ou Théâtre? , qui est jouée actuellement au Théâtre du Rond Point jusqu’au 3 février 2019.

« Ce qui s’est si effroyablement passé en moi à petite échelle se déroulait en grand dans le monde ».

L’histoire a lieu entre 1913 et 1943, en Allemagne puis en France pendant la montée du nazisme. Charlotte Salomon est une jeune artiste, issue d’une famille juive berlinoise cultivée et assimilée. Elle sera assassinée dans les camps à 26 ans. Sa famille était atteinte d’un mal mystérieux, la malédiction du suicide. Avant de disparaître, Charlotte en a fait un livret d’opérette illustré par ses peintures fulgurantes, intitulé « vie ou théâtre ? ».

Etrangement, le journal peint de cette artiste de génie, destiné à être joué et chanté, a fait l’objet d’expositions, de livres, de films, mais jamais d’une mise en scène au théâtre, alors que c’était aussi sa destination. Aujourd’hui, pour la première fois, on peut voir sur scène au théâtre du rond point la pièce « Charlotte », mise en scène avec talent par Muriel Coulin. C’est une production soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

En savoir plus

charlotte_giovannicittadinicesi_046_1000_1000

Publicités

Freud : du regard à l’écoute

Émission du 13 janvier 2019 : notre invité est Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, pour parler de l’exposition consacrée à Sigmund Freud à voir jusqu’au 10 février 2019, mais aussi du colloque intitulé « Le judaïsme : une tache aveugle du récit national ? » qui se tiendra les 17 et 19 janvier 2019.

expo freud - affiche

 

 

Poésie des plaques commémoratives : Enfants de Paris, 1939-1945

Émission du 9 novembre 2018, avec Philippe Apeloig, graphiste. Plus de 1000 plaques commémoratives de la Seconde Guerre mondiale ont été apposées à Paris ; Philippe Apeloig les a toutes recensées et photographiées, un travail exceptionnel visible dans son livre Enfants de Paris, 1939-1945, paru aux éditions Gallimard et soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Enfants de PAris2

Ce livre, qui présente 1200 photographies de plaques commémoratives du Paris de la seconde guerre mondiale, est à la croisée de plusieurs registres : le livre d’art et de design, le livre d’histoire, et le témoignage personnel. C’est aussi un Memorbuch, mot yiddish pour livre de mémoire, comme le dit la philosophe Danièle Cohn dans sa préface, une manière de garder vivante la mémoire des morts au sein des vivants qui circulent dans la ville. Ces textes gravés dans le marbre, le bois, le granit, en lettres noires ou dorées, placés sur des portes, des frontons, des places, sont révélés dans toute leur puissance évocatrice et artistique grâce à la mise en scène offerte par le livre.

Enfants de PAris 3

 

Ces plaques sont des messages et des présences, des présences qui ouvrent un univers romanesque à la Modiano, comme l’inscription « ils étaient trois amis tombés ici glorieusement le 25 aout 1944 une heure avant la libération de Paris ».

Cet ouvrage est un livre mémoriel, mais c’est tout le contraire d’un livre qui fige la mémoire : il fait appel à notre imaginaire, il mélange les strates temporelles, il fait surgir sans hiérarchie des personnages : des jeunes filles, des soldats, des policiers, des instituteurs, des enfants.

En savoir plus

Apeoloig

 

Architecture et mémoire

Émission du 21 octobre 2018 avec Christophe Carraud, traducteur et éditeur du livre d’Adachiara Zevi, Monuments par défaut, paru dans la collection Teamim des éditions de la revue Conférence.

Quelle forme donner quand on veut faire un monument pour la Destruction ? C’est la question que se sont posées chacun des architectes qui ont travaillé à de tels projets, de Moshe Safdie, concepteur du nouveau musée de Yad  Vashem à Peter Eisenman pour le mémorial de Berlin en passant par le Mémorial américain de l’Holocauste à Washington conçu par James Hugo Freed ou le Mémorial de Drancy conçu par l’architecte Suisse Roger Diener? N’est-on pas face à une équation impossible, une contradiction dans les termes? Est-ce qu’un monument pour la Destruction ne peut pas être qu’un monument par défaut? C’est l’interrogation d’Addachiara Zevi, architecte et  historienne d’art, dans un livre initialement paru en italien et que Christophe Carraud a traduit et édité.

En savoir plus

eisenman-holocaust-130109856-56aadc7d3df78cf772b49792