Les galeries d’art à Paris sous l’Occupation

Emission du 19 mars 2017: notre invitée est Emmanuelle Polack,  historienne, spécialiste du marché de l’art sous l’occupation, qui a coordonné avec Yves Chevrefils Desbiolles le dernier numéro de la revue Archives Juives, intitulé juifs et marché de l’art en contexte de guerre au XX siècle, qui paraît avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

995152-meemorial-de-la-shoajpg

 

 

Aller plus loin dans la restitution des oeuvres d’art spoliées

Le 19 mars dernier, la Ministre la culture Mme Aurélie Filippetti remettait 7 tableaux de maître aux descendants de 2 grands collectionneurs, Richard Neuman et Joseph Wiener, et relançait le sujet de la restitution des œuvres d’art et de ce qu’on peut encore faire aujourd’hui en France en particulier. Pour en parler, nous recevons aujourd’hui la sénatrice et historienne Corinne Bouchoux, qui a travaillé à un rapport pour le sénat qui s’intitule « oeuvres culturelles spoliées ou au passé flou et musées publics : bilan et perspectives » et qui vient de publier « Si les tableaux pouvaient parler, le traitement politique et médiatique des retours d’œuvres d’art pillées et spoliées par les nazis » aux Presses universitaires de Rennes.

Une émission animée par Kristel le Pollotec

Accéder au rapport de Mme Bouchoux

Accéder au site Rose Valland (et voir les tableaux MNR en dépôt dans les musées français)

Un des tableaux rendus, celui de Gaspare Diziani
Un des tableaux rendus, celui de Gaspare Diziani

2000 oeuvres sont aujourd’hui classées « MNR » Musée nationaux récupération, confiées à la garde des musées nationaux.  Les MNR correspondent à des oeuvres dont leurs propriétaires, en grande majorité juifs, ont été contraints pendant la guerre de se défaire pour subsister ou pour tenter de fuir. Ces oeuvres ont pu être vendues aux enchères ou négociées dans une galerie d’art; d’autres, en plus petit nombre, ont fait l’objet d’une spoliation directe par le régime nazi.

Un rapport de la sénatrice Corinne Bouchoux adopté par la commission de la culture du Sénat le 16 janvier 2013 estime que, si de nombreuses œuvres d’art ont pu être restituées au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, il est nécessaire de renouer avec une politique résolue de recherche des propriétaires spoliés.

Une démarche proactive. Aurélie Filippetti a donc demandé à ses services et aux musées de mener « une action plus volontariste » sur cette question :  « jusque-là, on attendait les demandes des ayants droit ou des descendants pour démarrer des procédures de recherches. Je veux engager une démarche proactive dans laquelle la France va engager des moyens pour rechercher les propriétaires, qu’il y ait ou non une demande formelle ».
Les recherches vont d’abord porter sur 163 oeuvres d’art MNR. Un groupe de travail, composé de fonctionnaires du Ministère, de conservateurs, d’archivistes, d’historiens, de membres de la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS), est mis en place pour retrouver les propriétaires. Ce groupe de travail fera un premier point d’étape à la fin 2013 et rendra un rapport définitif en 2014.

Les demandes de restitution d’oeuvres d’art peuvent intervenir par une saisine directe du Service des musées de France concernant les MNR ou dans le cadre d’une requête présentée auprès de la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS).