La demi douce

Invité cette semaine, Henri Ostrowiecki, orphelin de la Shoah, qui publie aux éditions des Rosiers la demi-douce, un témoignage sensible.

Emission animée par Perrine Kervran

Enfant, Henri Ostrowiecki échappa à la rafle du Vel’ d’Hiv’ grâce à la présence d’esprit de sa mère. Recueilli par son oncle et sa tante, il grandit en banlieue parisienne au sein d’une famille juive polonaise. Alors que ses cousins réussissent leurs études, Henri rate le concours d’entrée en sixième. Apprenti puis ouvrier ajusteur, l’orphelin éprouve un sentiment d’injustice et d’incompréhension. <!–Il est contraint à un travail répétitif et connaît la difficile condition ouvrière de l’après-guerre. L’indicible blessure de l’orphelin est toujours là dissimulée au fonds de lui-même.Jusqu’à cette “nuit de Bizerte” où avec l’écriture qui survient la parole s’installe. Où le destin juif et le destin ouvrier, ces deux figures du malheur à ses yeux, se craquellent pour laisser place à un sujet qui fait de la parole et de l’écrit les visages d’une même libération.

Les mots balancés rageusement le feront se projeter hors de lui. Ils donneront quelques années plus tard un manuscrit, ce livre.

Ce récit est paru avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

- Commander le livre auprès des éditions des Rosiers.

Andrée Salomon

L’émission de cette semaine est consacrée à Andrée Salomon (1909-1985), grande figure de la Résistance juive en France et ancienne responsable de l’action sociale de l’Oeuvre de Secours aux Enfants. Pour en parler, Georges Weill, conservateur général honoraire du patrimoine et ancien président de la Société des Etudes juives, et qui co-signe avec Katy Hazan, Andrée Salomon, Une femme de lumière aux éditions FMS/ Le Manuscrit.


Mardi  10 mai 2011, à  17h30 aura lieu à l’OSE une présentation du livre Andrée Salomon, une femme de lumièreparu dans la Collection Témoignages de la Shoah (édition FMS / Le Manuscrit). Ce livre de Katy Hazan et Georges Weill retrace, sur la base du manuscrit inédit des mémoires d’Andrée Salomon, l’itinéraire exceptionnelle de cette femme d’origine alsacienne, qui contribua à sauver de nombreux enfants juifs durant la guerre. Après s’être engagée au sein des Eclaireurs Israélites de France puis au service de la communauté juive d’Alsace, André Salomon a rejoint la Résistance dès 1940. Dans la zone sud, elle a sauvé un grand nombre d’enfants en les faisant sortir des camps d’internement de Gurs, de Rivesaltes et des Milles, en les plaçant dans les maisons de l’OSE, puis en les dispersant au sein du réseau Garel.

Cet ouvrage, qui rend hommage à cette « femme de lumière », dont la générosité et l’héroïsme permirent à toute une génération d’enfants de se construire un nouvel avenir, reconstitue son parcours à partir du manuscrit inédit de ses mémoires, de plusieurs entretiens enregistrés et des souvenirs de ses plus proches assistantes.

Rencontre / Signature

Mardi 10 mai 2011, 17h30
OSE
117, rue du Faubourg du Temple
75010 Paris

Réservation
Tél : 01 53 38 20 09 ou c.kamudu@ose-france.org

- Commander le livre

La Torah au coeur des ténèbres

Invité cette semaine, le rabbin Aaron Eliacheff, pour nous parler d’un document unique sur la vie religieuse pendant la Shoah, à travers les réponses du Rav Oshri aux questions de ses fidèles dans le ghetto de Kovno, en Lituanie, qui viennent d’être publiées aux éditions Albin Michel.

Emission animée par Perrine Kervran

Albin Michel – 2011 – Enfermés, humiliés et décimés dans le ghetto de Kovno – cette ville de Lituanie qui avait été la capitale mondiale du savoir talmudique –, les Juifs ne renoncèrent pas à respecter la Loi, et, face à des situations inédites dans la monstruosité, à poser des questions éthiques et juridiques à leur rabbin.

Quels rites pénitentiels faut-il suivre lorsque l’on a été contraint de déchirer les rouleaux de la Torah de ses propres mains pour y envelopper des carcasses de chiens ? A-t-on le droit de s’emparer d’un permis de travail qui sauvera la vie de sa famille aux dépends d’une autre ? Est-il permis de marcher dans des rues pavées de pierres tombales ? L’avortement est-il envisageable dès lors que les nazis ont menacé d’abattre sur-le-champ toute femme enceinte ?…

Autant de dilemmes insondables, parmi une centaine d’autres, qui furent soumis à Rabbi Ephraïm Oshry pendant ces années d’enfer. Ayant survécu à la Shoah, il a rassemblé les questions de ses fidèles et les réponses qu’il leur avait apportées, pour témoigner de la dignité et de la force d’âme des victimes. Un document unique sur la « résistance spirituelle juive », qui permet de renouveler l’approche religieuse sur la Shoah.

Ce livre a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Commander ce livre sur le site du Mémorial de la Shoah.

Les enfants de Buchenwald

Le 13 avril 2011, au Palais de l’Elysée, le Président de la République remettra les insignes de la légion d’honneur à 6 anciens déportés « enfants de Buchenwald », ces enfants venus des ghettos et des camps de concentration, avant d’être regroupés au camp de Buchenwald. Après la libération, 500 d’entre eux sont accueillis en France. Pour revenir sur cette histoire singulière et méconnue, nous recevons cette semaine l’historienne Katy Hazan, responsable du servive « Histoire et Mémoire » de l’OSE (Oeuvre de Secours aux enfants).

Emission animée par Perrine Kervran

Lorsque le 11 avril 1945, les soldats de l’armée américaine pénètrent dans le camp de concentration de Buchenwald, un camp où étaient principalement détenus des prisonniers politiques, parmi lesquels les Français constituaient le groupe le plus important, ils découvrent avec stupeur un millier d’enfants et d’adolescents juifs, rescapés des « marches de la mort », qui venaient d’arriver à Buchenwald.

Alors que les déportés politiques sont très rapidement rapatriés vers la France, les Alliés ne savent que faire de ces jeunes qui n’ont plus ni parents ni famille.

Le rabbin aumônier des forces américaines, Hershl Schechter, ayant entendu parler du formidable travail de sauvetage mené en France par l’Oeuvre de Secours aux Enfants – qui par le biais d’un réseau clandestin est parvenu à sauver plus de  2.000 enfants juifs de la déportation – se tourne alors vers cette association pour envisager la prise en charge de ces jeunes.

L’OSE – association sociale juive qui, au sortir de la guerre, a ouvert 25 maisons d’enfants à l’intention des orphelins de la Shoah, enfants cachés ou déportés – se mobilise immédiatement, en lançant une campagne d’opinion publique sur le sort de ces enfants, relayée à la fois par le Parti communiste français et le journal L’Humanité, ainsi que par le mouvement gaulliste, en la personne de Geneviève Anthonioz-De Gaulle. Le gouvernement provisoire de la République française décide d’accueillir 426 de ces jeunes rescapés.

Le 6 juin 1945, les enfants de Buchenwald arrivent dans le préventorium d’Ecouis, lieu de transit mis à disposition de l’OSE par le gouvernement français. C’est là que les garçons deviennent les « enfants de Buchenwald », certains amers et rageurs, d’autres, joyeux drilles, cherchant à rattraper le temps perdu, vacillants mais jamais terrassés.

Pour tous, Ecouis est un choc, confrontation improbable et difficile entre des enfants détruits, fragiles et imprévisibles, et le personnel de l’OSE, indécis et placé face à une situation à laquelle il n’était pas préparé. Ils attendaient des enfants, ce fut, pour la plupart, des adolescents qui vinrent habiter les locaux du préventorium. Des peluches et des jouets avaient été disposés sur les lits des dortoirs, mais ce furent d’abord la confiance et le dialogue qu’il fallut rétablir pour rendre leur enfance disparue à ces « enfants ».

Puis, à force d’être entourés, aimés et compris autant qu’il était possible aux adultes de l’OSE de le faire, des sourires et des larmes se firent jour, larmes auxquelles bon nombre de ces enfants attribuent leur retour à l’humanité.

Quarante-huit pour cent des jeunes ont retrouvé un membre de leur famille. Les autres sont seuls au monde. A la fermeture d’Ecouis, 17 d’entre eux ont retrouvé des attaches familiales en France et 33 ont été placés dans des familles d’accueil. Les plus religieux sont envoyés à Ambloy, puis à Taverny et Versailles, les autres dans le foyer de la rue Rollin, et dans les maisons d’enfants, quelques uns à Moissac (chez les Eclaireurs israélites)  pour se refaire une santé.

Sur les 426 venus en France, une vingtaine d’enfants sont restés et ont demandé la nationalité française. Ils se sont intégrés et ont fondé une famille. Les autres se sont dispersés sur les cinq continents. Ils sont devenus israéliens, américains, canadiens, australiens. Parmi eux, l’écrivain et prix Nobel de la paix Elie Wiesel et l’ancien grand rabbin d’Israël, Meir Lau.

Katy Hazan a publié A la vie! Les enfants de Buchenwald, du shtetl à l’OSE aux éditions FMS/ Le Manuscrit

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