Autour du procès Eichmann

Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche au CNRS est l’invitée de cette émission de « Mémoires vives » consacrée à la postérité du procès d’Adolf Eichmann, à l’occasion de la soirée autour de deux grands témoins (Haim Gouri et Michael Goldmann) organisée par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah le 6 juin à l’hôtel de ville de Paris et du colloque international Le procès Eichmann, réceptions,médiations, postérités qui aura lieu des 7 au 9 juin à l’INHA.

Emission animée par Perrine Kervran

Lun. 6 juin 2011, 17h – Mairie de Paris – A l’occasion du 50ème anniversaire du pocès d’Adolf Eichmann, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah organise une rencontre autour de deux grands témoins de cet événement historique : Michael Goldman-Gilad, enquêteur en charge de l’interrogatoire préliminaire d’Eichmann, et Haïm Gouri, poète et journaliste ayant couvert le procès, auteur du livre La cage de verre. <!–Survivant du ghetto de Przemysl et d’Auschwitz, Michael Goldman-Gilad fut enquêteur dans l’unité spéciale de la police israélienne en charge de l’interrogatoire d’Eichmann lors de sa détention préalable au procès.

Haïm Gouri a couvert le procès pour le journal israélien Lamerhav. Ses chroniques ont été rassemblées dans La cage de verre (Albin Michel, Paris, 1964 et 1995).

Rencontre exceptionnelle

Lundi 6 juin 2011, 17h-19h

Discussion animée par Séverine Nikel,
rédactrice en chef du magazine L’Histoire.

Traduction simultanée hébreu / français

Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris
Accès : 5, rue Lobau 75004 Paris
Métro : Hôtel de Ville

Télécharger l’invitation (pdf)

Léo Hurwitz dans la salle de tournage du procès Eichmann

Du mar. 7 au jeu. 9 juin 2011 – INHA, Paris

Ce colloque international, qui rassemble les meilleurs spécialistes allemands, américains, israéliens, français… de la question, est consacré à la médiatisation du procès par la presse écrite, la radio, la télévision, ainsi qu’à ses multiples postérités historiographiques, artistiques, littéraires, philosophiques et juridiques. <!–Co-organisation HiCSA (Histoire culturelle et sociale de l’art) et IRICE (Identités, relations internationales et civilisation de l’Europe )
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Région Ile-de-France et de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme.

Télécharger le programme du colloque (pdf)

Une nouvelle édition de Eichmann, de la traque au procès d’Annette Wieviorka aux éditions André Versaille vient d’être publiée.

Pleurnichard

A l’occasion des lectures de Pleurnichard qui auront lieu au théâtre du Rond-Point du 8 au 12 mars 2011, Mémoires Vives reçoit Jean-Claude Grumberg, auteur dramatique.

Emission animée par Perrine Kervran

Pleurnichard. C’est le joli titre du livre de Jean-Claude Grumberg paru en 2010 aux éditions du Seuil et c’est aussi une sorte de pseudonyme pour dire l’enfant, l’adolescent et le jeune homme qu’il a été. Dans ce livre dont il lira des extraits sur scène, l’auteur devenu homme de théâtre et écrivain regarde avec tendresse et ironie l’orphelin apeuré dont le père est mort « en déportation », l’apprenti tailleur inconsolable qui rêve d’une autre vie et l’enfant en colère qui partait en colonies de vacances dans les pays communistes. C’est un livre grinçant, mordant, mais aussi un livre qui fait rire tout haut, ce qui n’est pas si fréquent. Et pourtant, c’est aussi la voix d’un enfant rempli d’un chagrin qui le dépasse et qu’il ne comprend pas.

Comme un funambule sur son fil, Pleurnichard guide Jean-Claude Grumberg dans la traversée de sa vie. L’un se cachant derrière l’autre, tous deux tentent de vaincre leur peur en la proclamant.
« […] Comment se venger ? de quoi ? Pleurnichard avait trouvé inconsciemment son moyen : insulter les flics, les douaniers, les préposés à l’état civil ou tout autre fonctionnaire rond de cuir et manches de lustrine, les instituteurs, les contrôleurs SNCF et RATP, tous ceux qui incarnaient plus ou moins à ses yeux le pouvoir, l’autorité. Voilà. […]

Drôle de manière de se venger dites-vous ? Sans doute. Refuser la société même au sein des organisations dont le but avoué semblait être la destruction de cette société, se faire un devoir d’y râler, d’y ricaner, d’y douter, d’ironiser. On tue ton père et tu ne te venges pas. Hamlet. La pièce était faite. Faire ou défaire, voilà la question. […] »

« En fait, je n’ai jamais su vraiment me comporter devant le malheur absolu. Faut-il pleurer, s’arracher la tête et la piétiner, ou rire à en crever? Désormais, pour être sûr d’être tout à fait humain, je m’efforce et m’efforcerai de faire les trois ensemble. »

La Pologne, les Juifs et le communisme

Invité de cette émission, Jean-Charles Szurek, directeur de recherches au CNRS, spécialiste de la Pologne et des relations judéo-polonaises, auteur de la Pologne, les Juifs et le communisme, paru aux éditions Michel Houdiard.

Emission animée par Perrine Kervran.

Cet ouvrage est un recueil d’articles qui retracent l’histoire des relations entre les Juifs et les Polonais et celle de l’antisémitisme en Pologne qui a pris de nombreuses formes, en particulier les terribles progroms d’après guerre comme celui de Kielce en 1946. On le sait aujourd’hui: l’idéologie communiste, son socle antifasciste et l’universalisme assimilationniste du régime ont organisé l’oubli de la spécificité juive de l’extermination. Mais Jean-Charles Szurek nous livre aussi un regard sociologique sur le présent et sur la façon dont aujourd’hui se construit de mieux en mieux l’historiographie de la présence juive en Pologne, sa politique mémorielle, et la renaissance d’une certaine vie juive polonaise – à la faveur d’un mouvement récent où de nombreux enfants cachés qui se croyaient polonais et catholiques découvrent aujourd’hui leur judéité.

On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Robert Bober, réalisateur, écrivain, est l’invité de cette émission de « Mémoires Vives » pour parler de son dernier livre paru aux éditions P.O.L.

Emission animée par Perrine Kervran


Le titre de ce quatrième roman de Robert Bober est tiré d’un ouvrage de Pierre Reverdy. Il s’appelait initialement Je vadrouille autour de mon passé.Je vadrouille autour de mon passé, j’en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l’on pouvait exister une fois de plus…
(Henri Calet, Le Tout sur le tout)

Le personnage principal, Bernard, qui est également le narrateur, est amené apparemment par hasard, mais il n’y a pas de hasard en ces matières, à plonger dans l’histoire récente de sa famille. Une histoire qui n’est pas tout à fait anodine : nous sommes à Paris, au tout début des années soixante. Le père de Bernard a été raflé et déporté à Auschwitz, d’où il n’est pas revenu. Sa mère s’est remariée avec un ami d’enfance qui, lui, après lui avoir donné un autre fils, est mort dans un accident d’avion.
A travers l’enquête que mène Bernard Appelbaum sur les traces de ce passé, le narrateur, nous retrouvons tout l’univers de Robert Bober, tendre, drôle, fidèle…

Rencontres avec Robert Bober et projections au Mémorial de la Shoah

mardi 14 décembre 2010, 19 h
Récits d’Ellis Island
de Robert Bober et Georges Perec
(France, documentaire, 1979, 60 min, Ina)

En remontant la rue Vilin
de Robert Bober
(France, documentaire, 1991, 49 min, Ina)

jeudi 16 décembre 2010, 19 h
Vincent Van Gogh, lettres à son frère Théo
de Robert Bober et Pierre Dumayet
(France, documentaire, 2001, 52 min, V.F.Films Production, collection « Correspondances » de Pierre Dumayet)

20 h
Adresse provisoire : les Molines

de Robert Bober
(France, documentaire, 1977, 66 min, Ina)

dimanche 19 décembre 2010, 15 h 30
Israël : 25 ans d’existence, 2 000 ans d’histoire

de Robert Bober