Evénement: l’exposition Vishniak au MAJH

Cette semaine, notre invité est Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du judaïsme, commissaire de l’exposition  « Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975 », soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Rassemblant environ 220 œuvres, cette exposition «propose une réévaluation de l’intégralité de la production du photographe, depuis ses débuts à Berlin jusqu’à l’après-guerre aux États-Unis. Présentée à New York (à l’International Center of Photography) et à Amsterdam (au Joods Historisch Museum), sous le titre « Roman Vishniac Rediscovered », elle révèle plus d’une centaine d’images inédites de ce grand témoin du XXe siècle.

Plus qu’aucun autre photographe, Roman Vishniac a profondément influencé notre vision de la vie juive en Europe orientale. On lui doit le recensement photographique le plus emblématique de ce monde à la veille de son anéantissement – un ensemble exposé au Mahj en 2006 sous le titre « Un monde disparu ». Pourtant, seule une faible partie de son oeuvre a été montrée ou publiée de son vivant. Surtout connu pour ce poignant témoignage, Vishniac fut également un photographe inventif, aux multiples talents.

L’exposition donne à voir un choix de travaux d’une extrême diversité, grâce aux recherches de Maya Benton dans le vaste fonds des archives Roman Vishniac conservées à l’International Center of Photography. « Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975 » replace ses photographies iconiques du judaïsme est-européen au sein d’un mouvement plus large, celui de la photographie documentaire humaniste des années 1930.

Né en Russie en 1897 dans une famille juive aisée, Roman Vishniac émigre à Berlin en 1920. Il brosse un portrait alerte et malicieux de sa ville d’adoption et capte les signes précurseurs de la terreur nazie. En 1935, l’American Jewish Joint Distribution Committee, une importante organisation juive d’entraide, lui confie la mission de photographier les communautés juives misérables d’Europe orientale. En 1939, ayant rejoint ses parents réfugiés en France, il est interné au camp du Ruchard, avant de pouvoir s’embarquer pour les États-Unis en décembre 1940. À New York, Vishniac ouvre un studio de photographie, travaille comme portraitiste, documente la vie des juifs américains et celle des immigrants. En 1947, il revient en Europe et photographie les camps pour personnes déplacées, les survivants de la Shoah qui essaient de reconstruire leur vie, l’action des organisations de secours et d’émigration, ainsi que les ruines de Berlin. Après la guerre, revenant à sa formation de biologiste, il devient un pionnier dans le domaine de la photomicroscopie et de l’imagerie scientifique.

L’exposition « Roman Vishniac, Rediscovered » a été conçue par l’International Center of Photography (ICP). Elle est présentée à Paris avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Exposition – Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975

Du mercredi 17 septembre 2014 au dimanche 25 janvier 2015

Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris

- Plus d’information sur le site du MAHJ

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Les soeurs Marion, Renate et Karen Gumprecht, réfugiées aidées par le National Refugee Service and Hebrew Immigrant Aid Society, peu après leur arrivée aux États-Unis – Central Park, New York, 1941 © Mara Vishniac Kohn, courtesy International Center of Photography

Témoignage de Paul Felenbok sur le ghetto de Varsovie

A l’occasion du 70e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, nous recevons aujourd’hui Paul Felenbok qui a vécu, alors qu’il était enfant, dans le ghetto de Varsovie, de 1939 à 1943. Paul Felenbok dont l’histoire a inspiré la pièce de théâtre « ceux qui restent », de David Lescot, qui a été montrée en avant première la semaine dernière au Théâtre Sylvia Monfort et qui est prévue pour 2014.

34-passport_site-1Paul Felenbok est né en 1936, à Varsovie, trois ans avant le début de la guerre. Sa famille vivait dans le quartier juif et leur maison était située dans l’enceinte du ghetto, ce qui fait qu’ils n’ont pas eu à déménager quand le ghetto a été mis en place. Avant la liquidation du ghetto, son oncle a organisé l’évasion de Paul, par les égouts de Varsovie. Après la guerre, Paul est venu en France où il a été placé au château d’Andresy, qui était une des maisons d’enfants de l’UJRE. Il est aujourd’hui astrophysicien.

 

Les Juifs de Tunisie sous le joug nazi

Le 9 décembre prochain, une cérémonie aura lieu au Mémorial de la Shoah pour commémorer la rafle du 9 décembre 1942 à Tunis, il y a précisément 70 ans.A cette occasion, Claude Nataf, historien et président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie, qui est notre invité aujourd’hui, présentera  « Les Juifs de Tunisie sous le joug nazi, 9 novembre 1942 – 8 mai 1943.

Cet ouvrage est le troisième volet des témoignages sur la situation des Juifs de Tunisie durant les six mois d’occupation allemande  publié dans le cadre de la collection « Témoignages de la Shoah » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, collection lancée en 2005 avec les éditions Le Manuscrit.

Les Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Entre novembre 1942 et mai 1943, le pays fut occupé par les forces de l’Axe. Les Juifs connurent alors « l’angoisse, les rançons, les pillages, les souffrances du travail forcé et des dizaines de morts » (Serge Klarsfled).

L’action anti-juive était dirigée par le colonel SS Walter Rauff. Ce dernier avait été responsable de la mort de centaines de milliers de Juifs, assassinés dans des camions à gaz (ancêtres des chambres à gaz) des pays baltes à la Yougoslavie.

En Tunisie, l’objectif était également de mettre en œuvre la « Solution finale ». Quelques personnes furent ainsi déportées vers l’Europe. L’avancée des Alliés et leur domination militaire ont heureusement contrarié les plans nazis.

A lire dans la Collection « Témoignages de la Shoah »

- Les Juifs de Tunisie sous le joug nazi
9 novembre 1942 – 8 mai 1943
Récits et témoignages rassemblés, présentés et annotés par Claude Nataf
Préface de Serge Klarsfeld

Cet ouvrage regroupe plusieurs témoignages, dont celui de Maximilien Trenner, interprète en charge des relations avec les Allemands et celui de Georges Krief, jeune avocat. Il présente des récits sur les camps de travail comme celui de Bizerte, directement géré par les SS, ou ceux qui dépendaient de l’armée italienne. Le sort des Juifs de Sousse et de Sfax y est également évoqué.

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- Étoile jaune et croix gammée de Robert Borgel

Témoins de la persécution des Juifs de Tunisie, Robert Borgel, avocat au barreau de Tunis, et son père Moïse, président de la communauté israélite de la ville, furent également des acteurs de premier plan de ce drame.

- Six mois sous la botte de Paul Ghez

Héros des deux guerres, âgé de 44 ans, avocat très en vue et dirigeant moderniste de la communauté juive, Paul Ghez est un homme de caractère qui a tenu tête avec succès au colonel SS Walter Rauff. Son journal, écrit au jour le jour, nous éclaire sur les péripéties de la lutte engagée avec la Gestapo et sur le sort de la population juive et des travailleurs forcés.

Président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie, Claude Nataf est à l’origine du renouveau d’intérêt pour cette histoire. Il a dirigé les trois ouvrages de la collection Témoignages de la Shoah consacrés à la Tunisie.

Journée de commémoration

Organisée par la Société d’histoire des Juifs de Tunisie

au Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris

10h45 : Cérémonie commémorative

Sous la présidence de Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

Lecture des noms des déportés de Tunisie et des victimes de la barbarie nazie, décédées dans les camps de travail en Tunisie. Lecture suivie de la récitation des prières d’usage.

Entrée libre

14h :Rencontre avec des historiens et des témoins

En présence d’Abdelkrim Allagui, professeur à la faculté de Lettres de Tunis, d’Ariel Danan, directeur adjoint de la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle, de Damien Heurtebise, conservateur des Archives du ministère des Affaires étrangères à Nantes, de Serge Klarsfeld, avocat et historien, de Claude Nataf, historien, président de la SHJT, et de témoins.

Entrée libre sur réservation au 01 53 01 17 42

17h30 : Projection du film Villa Jasmin

En présence de Ferid Boughedir, réalisateur, et de Serge Moati, auteur du roman dont s’inspire le film. Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Entrée libre sur réservation au 01 53 01 17 42

La conférence d’Evian de 1938

Evian 38: la conférence de la peur, c’est le titre du documentaire de Michel Vuillermet diffusé le 24 octobre 2011  sur France 3, qui évoque la conférence d’Evian, qui est souvent perçue comme le moment inaugural de l’abandon des Juifs. Pour en parler, Catherine Nicault, professeur  à l’Université Paris I, et conseillère historique du film.

Le 13 mars 1938, les troupes d’Hitler entrent dans Vienne. L’édification du grand Reich est en route. Devant le drame vécu par les persécutés du régime nazi qui cherchent à fuir leur pays en masse, et sous la pression de l’opinion publique, Franklin D. Roosevelt, Président des Etats-Unis, invite les démocraties à un comité intergouvernemental pour les réfugiés en juillet 1938 à Evian-Les-Bains. 32  nations répondent à l’appel.

Myron Taylor intervient immédiatement après Henri Bérenger le mercredi 6 juillet 1938

Cependant, après 10 jours de tractations, l’impuissance des démocraties est patente et aucune solution n’est trouvée. Les réfugiés juifs allemands et autrichiens sont livrés à leur sort.

Crédits

Le film Evian 38: la conférence de la peur a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Avec la collaboration de : Catherine Nicault, Laure Schindler-Levine et Paul Schaffer
Auteurs : Stéphanie Roussel, Michel Vuillermet, Ilos Yannakakis
Montage : Fabrice Salinié – Musique : Yan Volsy
Caméra : Philippe Chesneau
Son : Jean-Christophe Caron