Filmer la guerre: les images de la Shoah prises par les soviétiques

Cette semaine, notre invité est l’historien Alexandre Sumpf, commissaire de l’exposition présentée jusqu’au 27 septembre 2015 au Mémorial de la Shoah: filmer la guerre: les soviétiques face à la Shoah.

L'opératrice Maria Soukhova au sein d’une unité de partisans en Biélorussie en 1944 ; elle décèdera lors d’une attaque allemande quelques semaines plus tard. © RGAKFD.

L’opératrice Maria Soukhova au sein d’une unité de partisans en Biélorussie en 1944 ; elle décèdera lors d’une attaque allemande quelques semaines plus tard.
© RGAKFD.

Aujourd’hui, 70 ans après la libération des camps, chacun a en mémoire les terribles images que les photographes en ont rapportées. Seuls les opérateurs de cinéma soviétiques, au fi l de la reconquête du terrain perdu (1942-1943), puis de la conquête des pays baltes, de la Pologne et des territoires allemands orientaux (1944-1945) ont pu tourner sur les lieux des plus importants massacres de civils qu’ait connus l’Europe dans son histoire. Les images filmiques de ce crime, que l’Occident a pour la plupart oubliées, n’ont pas été exploitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment et dans quels buts ont été tournées, montées et projetées ces images en URSS pendant la guerre ? Pourquoi les Soviétiques ont-ils minimisé la spécificité des Juifs parmi les victimes des exactions nazies ? Les centaines d’images montrées dans cette exposition dévoilent l’ouverture des fosses et les traces des exécutions de masse en Europe de l’Est (Babi Yar, Kertch, etc.), la libération des camps, ainsi que les multiples procès et exécutions qui suivirent la Libération. Cette exposition tente d’en comprendre les usages, et cherche à saisir comment la diffusion d’une partie d’entre elles a façonné la représentation collective de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah.
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Ils étaients juifs et résistants

Cette semaine, notre invité est Alain Jomy, réalisateur, pour son documentaire « Ils étaient juifs et résistants » qui sera diffusé, sur la chaine Toute L’histoire, entre autres le 17 mars à 21h40, et rediffusé tout au long du mois de mars.

Sur les horloges de l’histoire, les aiguilles avançaient plus vite pour les juifs que pour les autres peuples de l’Europe occupée.” Adam RAYSKI.

En 1940, les Juifs représentaient une infime partie de la population française mais dans la Résistance, ou plutôt dans les résistances, ils ont été très nombreux. Comme tous les résistants, ils venaient d’horizons divers et leur entrée dans la résistance était liée à une formation politique ou à un idéal. Cette résistance a été multiple, variée, à l’image de ceux qui la composaient. Elle a commencé avec l’entraide, de l’entraide, ils sont passés à la propagande et de la propagande à l’action. La résistance juive a pour particularité d’avoir eu aussi une activité de sauvetage. Sauvetage d’enfants et de familles.

Le film documentaire écrit et réalisé par Alain Jomy donne une vision première et synthétique de ce monde complexe des résistants Juifs, depuis les FTP-MOI, à l’Armée Juive. Le film bâti sur les récits de ces belles personnes agissant pour la libération du pays, est aussi un hommage rendu à ces combattants.
Un film écrit et réalisé par Alain Jomy
Production UGOPROD
Pour la chaine « Toute l’Histoire »
Diffusion à partir du 12 mars 2015 à 20h45

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Opération Barbie, une affaire d’Etats

 

Nous recevons cette semaine le réalisateur Bertrand Delais pour son film, Opération Barbie, une affaire d’Etats, diffusé le 10 mars 2015 sur Arte.

051899-000-A_barbie_02-1424148180368En s’appuyant sur des éléments jusqu’alors inédits, le film raconte de l’intérieur la traque de l’ancien responsable de la Gestapo et criminel de guerre Klaus Barbie. Il retrace son enlèvement programmé de longue date, depuis les jeux diplomatiques qui y ont conduit en 1983, jusqu’à son procès.

Klaus Barbie tient une place à part dans la funeste liste des dignitaires nazis qui ont occupé la France. C’est le « boucher de Lyon », l’homme qui a martyrisé Jean Moulin, préfet de la République et chef emblématique du Conseil National de la Résistance. C’est aussi celui qui a organisé la rafle des enfants d’Izieu, le 6 avril 1944, événement qui permettra de le juger en France pour crime contre l’humanité.

À partir des témoignages de ceux qui, en France, en Bolivie, en Allemagne autorisèrent et organisèrent l’arrestation, l’expulsion vers la France et l’instruction des crimes de Klaus Barbie, le film suit les étapes de ce retournement. Il s’appuie, notamment, sur des documents récemment mis à la consultation du public par le Ministère des Affaires étrangères français, les services secrets ouest-allemands, le Ministère de la Justice américain.

Documentaire, France, 2014, 52 mn. Coproduction Arte France / Siècle Productions, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Diffusion

Mardi 10 mars 2015 à 22h20, sur Arte

À voir en ligne pendant une semaine

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1945, la découverte

Cette semaine, notre invitée est l’historienne Annette Wieviorka, qui publie un livre sur deux correspondants de guerre, Meyer Levin et Eric Schwab et sur la manière dont ils ont livré les premières images de la libération des camps de l’Ouest. Paru aux éditions du Seuil avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le livre s’intitule 1945, la découverte.

« Nous savions. Le monde en avait entendu parler. Mais jusqu’à présent aucun d’entre nous n’avait vu. C’est comme si nous avions enfin pénétré à l’intérieur même des replis de ce cœur maléfique. » Buchenwald, Dachau, Bergen-Belsen… La découverte des camps de concentration nazis par les Alliés en avril et mai 1945 se fit au hasard de la progression des troupes. Libérer les déportés n’était pas un but de guerre et rien ou presque n’avait été prévu pour eux.


Dans chaque camp où ils pénètrent, les soldats alliés découvrent les corps décharnés des survivants, les pyramides de cadavres laissés par les nazis.

Correspondants de guerre, deux hommes sont parmi les premiers à entrer dans cet enfer. Le premier s’appelle Meyer Levin. Il est américain, écrivain et journaliste. Le second est un Français : Éric Schwab est photographe de l’AFP. Tous deux circulent à bord d’une jeep aux côtés de l’armée américaine. Tous deux sont juifs. Tous deux sont animés par une quête obsédante : le premier recherche ce qui reste du monde juif, le second recherche sa mère déportée.

À leurs côtés, nous vivons les premiers moments de cet événement immense dont l’onde de choc n’a cessé d’ébranler la conscience mondiale.

Directrice de recherche émérite au CNRS, Annette Wieviorka est une historienne spécialiste de la mémoire de la Shoah.

Ce livre est paru avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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