Terrorisme et Résistance

Cette semaine,  nous recevons  le sociologue Gérard Rabinovitch, chercheur au CNRS, directeur de l’Institut Emmanuel Levinas, qui vient d’organiser à Nice un colloque avec le psychanalyste et universitaire Patrick Amoyel sur le thème islamisme radical et tentation du djihad » et qui a publié il y a quelques mois, un ouvrage très instructif intitulé Terrorisme/résistance : d’une confusion lexicale à l’époque des sociétés de masse aux éditions Le bord de l’eau.

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Pillages et spoliations des livres et des bibliothèques

Notre invitée cette semaine est Martine Poulain,  conservatrice des bibliothèques, ancienne dirigeante de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, à l’occasion de la parution en livre de poche de Livres pillés, lectures surveillées. Les bibliothèques françaises sous l’Occupation aux éditions Folio. Un travail qui avait donné lieu à une publication de la liste des spoliés sur le site du Mémorial de la Shoah, afin de permettre aux personnes concernées ou à leurs familles de récupérer leurs livres ou d’être indemnisés.

Dans la France de 1940 à 1944, une France qui est à la fois celle de l’occupant nazi et celle du régime de Vichy, les livres sont pillés. À la différence des archives des ministères et des musées, peu de bibliothèques publiques sont l’objet du pillage par l’occupant, à l’exception des alsaciennes et des mosellanes, germanisées et propriétés du Reich. Le vol de masse, nazi mais aussi vichyste, frappe en revanche, dès juin 1940, les bibliothèques institutionnelles – juives, slaves, maçonnes – mais aussi privées, celles des premiers ennemis du Reich (les grandes familles juives, les Allemands exilés, les hommes politiques du Front populaire).

Puis le pillage accompagne ordinairement les rafles. Plus de dix millions de livres prennent le chemin de l’Allemagne.

Le régime de Vichy, de son côté, surveille les livres, les bibliothèques et les lecteurs, sous la houlette d’une Bibliothèque nationale devenue le parangon de l’ordre nouveau, instrument de la collaboration d’État aux mains de Bernard Faÿ.

En regard, Martine Poulain esquisse les portraits de quelques grandes figures, notamment Jean Laran, conservateur des Estampes, administrateur de la Bibliothèque nationale lors de l’invasion et de la Libération, et Marcel Bouteron, inspecteur général, deux érudits à l’éthique infaillible, qui surent, face à la brutalité, à la bêtise et à la mesquinerie des temps, prendre le chemin juste et agir dans la droiture.

Docteur en sociologie et conservateur des bibliothèques, Martine Poulain a dirigé la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art jusqu’en 2013.

La première édition de ce livre est parue en 2008 dans la collection NRF Essais de Gallimard. Cette édition de poche a fait l’objet d’une actualisation.

Commander cet ouvrage via le site des éditions Gallimard.



- Dans le cadre de ses recherches, Martine Poulain a constitué une base de données regroupant les listes de 2342 personnes et 412 institutions spoliées. Ces dernières ont été mises en ligne sur le site du Mémorial de la Shoah.

Cette base de données a été établie avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Livres spoliés entreposés au dépôt d'Offenbach, USHMM
Livres spoliés entreposés au dépôt d’Offenbach, USHMM

Transmettre les humanités juives

Notre invité cette semaine est Gérard Rabinovitch,  philosophe, sociologue, chercheur au CNRS et directeur de l’Institut européen Emmanuel Levinas, créé en 2011 à l’initiative du président de l’Alliance Israelite universelle, Marc Eisenberg.

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Gérard Rabinovitch évoque ici  le projet de l’Institut européen Emmanuel Levinas d’ensergner au niveau universitaire les humanités juives, et les nombreux partenariats menés avec des Universités dans toute l’Europe.

Il évoque aussi les formations destinées aux enseignants, un projet initié par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah depuis 2005 et qu’il poursuit aujourd’hui au sein de l’Alliance israélite universelle.

Les judéo-espagnols: mémoire et avenir

A l’occasion de la 2e édition de l’université judéo-espagnole, qui a eu lieu à Paris du 7 au 12 juillet avec le soutien de la fondation pour la Mémoire de la Shoah, nous recevons aujourd’hui François Azar, vice-président de l’association Aki Estamos et Janine Gerson, auteure de Bella, itinéraire mémoriel  paru chez Edilivre

BellaCe livre retrace  l’itinéraire mémoriel de Marianne, enfant cachée, pendant la guerre qui décide, à l’aube de la cinquantaine, d’interroger sa mère Bella, qui vit dans une maison de retraite, sur ses origines juives de Salonique et qui va petit à petit renouer avec une histoire, avec une culture, celle des judéo-espagnols.

Jeanine Gerson était intervenante lors d’une des conférences de l’Université d’été judéo-espagnole, une table ronde consacrée aux écritures autobiographiques.

Université d’été judéo-espagnoleDu dimanche 7 au vendredi 12 juillet 2013

Organisée par l’association l’Aki Estamos-AALS et l’Alliance israélite universelle

Centre Alliance Edmond J. Safra
6 bis, rue Michel Ange
75016 Paris

Programme (pdf)

Plus d’information sur le site de l’université d’été : www.ueje.org

Cette manifestation a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.