Paysages de la métropole de la Mort

Un livre exceptionnel au sommaire de « Mémoires Vives » cette semaine. Celui d‘Otto Dov Kulka, Paysages de la Métropole de la mort, publié aux éditions Albin Michel. Pour en parler, notre invité est Pierre-Emmanuel Dauzat, qui a traduit ce livre-événement.

Rescapé des camps de la mort où il fut déporté avec sa famille à l’âge de neuf ans, Otto Dov Kulka, professeur émérite d’histoire juive contemporaine, a consacré sa vie à la recherche, avec la distance et l’objectivité rigoureuse d’un historien. Il n’a jamais abordé son passé biographique, qu’il distingue du passé historique, comme un choix délibéré du silence. <!–En 1978, à l’occasion d’une conférence internationale, Otto Dov Kulka retourne à Auschwitz, reparcourt en sens inverse le chemin qui, le 18 janvier 1945, l’a vu sortir de l’enfer.

Pendant dix ans, il va noter ses réflexions, ses sensations, ses impressions. D’où ce livre hors-normes, qui explore les paysages de la mémoire à travers des images, des fragments de souvenir, ponctués de photos prises par l’auteur.

Tour à tour bouleversant dans sa description de la réalité, élégiaque et poétique, Paysages de la métropole de la mort cherche à rendre compte au plus près, au plus intime, et par différents procédés littéraires, de l’horreur telle qu’un enfant a pu la vivre, et telle qu’un homme à la fin de sa vie, entre son exigence d’historien et la puissance de ses émotions passées, peut s’en souvenir.

Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, cet ouvrage a été publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

« Un des plus remarquables témoignages sur l’inhumanité jamais écrits… Un livre
capital, à lire absolument.
 »

Ian Kershaw

Né en Tchécoslovaquie en 1933, Otto Dov Kulka est déporté avec sa mère en 1942 à Auschwitz. Après-guerre, il émigre en Israël en 1949. Professeur émérite d’histoire juive contemporaine à l’Université hébraïque de Jérusalem, il a notamment écrit Deutsches Judentum unter dem Nationalsozialismus, prix Buchman de Yad Vashem. Professeur émérite, il est également membre du comité exécutif de Yad Vashem.

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Isaac Bashevis Singer

En 1978, l’écrivain polonais, naturalisé américain Isaac Bashevis Singer recevait le prix Nobel de littérature pour « son art de conteur enthousiaste qui, prenant racine dans la culture et les traditions judéo-polonaises, ramène à la vie l’universalité de la condition humaine ». A l’occasion de la parution du cahier de l’Herne consacré à Isaac Bashevis Singer, nous recevons cette semaine Florence Noiville, écrivain, qui a coordonnée ce Cahier de l’Herne, publié avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

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Editions de l’Herne – 2012 – Consacré au grand écrivain Isaac Bashevis Singer, ce Cahier de l’Herne est dirigé par Florence Noiville en collaboration avec Pascale de Langautier. Il se propose de sortir des stéréotypes habituels qui entourent l’œuvre de ce prix Nobel de littérature, en donnant à voir un Singer méconnu et en montrant les nombreuses résonances de son œuvre dans la création et la pensée de notre époque.
Des spécialistes du yiddish dont Jean Baumgarten et Rachel Ertel rappellent dans ce cahier comment Singer s’inscrit dans la tradition et l’imaginaire ashkénaze. Ils y montrent également comment cette tradition est source de renouvellement, comment l’écrivain se l’approprie pour mieux la subvertir, créer et déranger. En effet, Singer sera de son vivant critiqué, voire détesté, comme le montre le témoignage d’Elie Wiesel, qui travailla longtemps avec lui au Forward, à New York.

A travers ce qu’il appelle sa « religion de la protestation », Singer, dans ses romans comme dans ses nouvelles, poursuit une forme de quête, tout à la fois physique et métaphysique, critique et humoristique, qui constitue un fil directeur de son œuvre. Ce volume a pour ambition de montrer qu’un philosophe inclassable se cache sous les habits du romancier.

Illustré de reproductions photographiques et de fac-similés, ce cahier contient un grand nombre de documents – nouvelles ou fragments de romans inachevés, correspondances, listes, entretiens avec d’autres écrivains…

Cette publication a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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Florence Noiville publie en 2003 la première biographie française du prix Nobel de littérature américain Isaac Bashevis Singer qui reçoit le Prix du récit biographique 2004. Puis un premier roman, La Donation (Stock, 2007).  En 2012, elle publie son deuxième roman, L’Attachement (Stock), et dirige le Cahier de l’Herne Singer.

Les enfants du ghetto, d’Israël Zangwill

Les enfants du ghetto, d’Israël Zangwill, paru à Londres en 1892  a été en son temps un best seller, vendu à l’époque à 100 000 exemplaires. Il reparaît aujourd’hui intégralement aux éditions des Belles lettres, dans une formidable traduction de Marie-Brunette Spire, notre invitée, qui permet de profiter pleinement la langue de Zangwill et son écriture riche et foisonnante.

Ce roman qui est sous titré Etude d’un peuple singulier décrit la vie dans le misérable quartier juif de Whitechapel à Londres à la fin du XIXème siècle. Il décrit la survie de familles fraichement émigrées venues d’Europe de l’Est, qui tentent de survivre tout en recréant ou préservant le quotidien qu’ils ont quitté et le cocon de l’orthodoxie religieuse. Il décrit aussi la génération des enfants qui veulent laisser le shtettl derrière eux, oublient le yiddish et aspirent à la modernité. Il raconte encore ceux qui veulent réinventer la tradition pour la maintenir, tout en épousant la vie et la modernité londonienne.

Roman pittoresque et foisonnant, roman sociologique et historique qui valut à Zangwill d’être appelé le Dickens du Ghetto, Children of the Ghetto, régulièrement republié en Grande-Bretagne et aux États-Unis, est composé de deux parties : « Les enfants du Ghetto » et « Les petits-enfants du Ghetto. »

Cet ouvrage a été traduit et publié avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Les enfants du Ghetto
Étude d’un peuple singulier
Israel Zangwill
Traduction Marie-Brunette Spire
Editions Les Belles Lettres

Redécouvrir André Chouraqui

A l’occasion de la diffusion sur la chaîne KTO du documentaire l’Ecriture des Ecritures, consacré à la figure d’André Chouraqui, Mémoires Vives reçoit Emmanuel Chouraqui et Francine Kaufmann, co-auteurs de ce documentaire.

Emission animée par Perrine Kervran

David Ben Gourion et André Chouraqui

Né le 11 août 1917 à Aïn Temouchent (Algérie), André Chouraqui reçoit une éducation française au lycée d’Oran. Avec l’avènement du nazisme, il décide, parallèlement à ses études de droit, de suivre une formation à l’école rabbinique, à Paris puis près du Chambon sur Lignon où l’école se réfugie.  Francine Kaufmann et Emmanuel Chouraqui  reviennent sur cette expérience cruciale de la guerre, qui transforme le destin d’André Chouraqui et le conduit à oeuvrer pour le rapprochement des cultures. Toute sa vie sera guidée par cette mission: auprès de l’Alliance israélite Universelle d’abord; puis en Israël où il s’applique à légitimer la culture séfarade; à travers ses écrits; et surtout à travers sa traduction de tout le corpus des Ecritures, Torah, Evangiles, Coran, dans laquelle il réussit magistralement à restituer la racine sémitique commune des textes.

La vie d’André Chouraqui porte un message d’espérance : comment il a vaincu la maladie, comment il a fait une richesse du mélange des cultures, comment il a transformé le déracinement en pèlerinage terrestre…La vie d’André Chouraqui, c’est d’abord l’histoire de la quête authentique d’un honnête homme qui s’interroge sur le sens de la vie, et qui veut que la foi rapproche les hommes plutôt que de les diviser.

Multidiffusion sur KTO TVChaîne disponible sur Canalsat, le câble et l’ADSL.
Site Internet : www.ktotv.com 

Lundi 6 décembre 2010 – 20H40
Mardi 7 décembre 2010 – 00H40 et 10H25
Jeudi 9 décembre 2010 – 13H10
Vendredi 10 décembre 2010 – 10H25 et 22H25
Dimanche 12 décembre 2010 – 13H10
Lundi 13 décembre 2010 – 16H00

Ce documentaire a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.