Accusé Pierre Mendes France

A l’occasion de la soirée consacrée à Pierre Mendes France le 9 mars 2011 sur France 2, nous recevons Laurent Heynemann, réalisateur du film Accusé Mendes France, et Simone Halbertstadt Harari, productrice de ce film ainsi que du documentaire Juin 1940, le piège du Massilia, réalisé par Virginie Linhart. Deux points de vue complémentaires, qui permettent d’éclairer ce qui s’est joué en 1940.

Emission animée par Perrine Kervran

Accusé Mendes France. Réalisé par Laurent Heynemann.

Printemps 41, un homme se tient debout, face à son destin, devant ses juges : il comparaît devant un tribunal militaire, aux ordres du gouvernement, qui d’avance a décidé de le condamner. Pierre Mendès France, injustement accusé de désertion, va défendre jusqu’au bout son honneur, son nom et plus que tout, les principes républicains auxquels il croit tant. Son procès, à Clermont-Ferrand, le confronte à des mensonges et à des témoins manipulés, un juge d’instruction acquis au gouvernement de Vichy, les coups tordus succèdent aux manoeuvres de déstabilisation.

Juin 1940, le piège du Massilia, réalisé par Virginie Linhart.

Juin 1940. L’armée française est en déroute et le Gouvernement se replie sur Bordeaux. Au sein des instances politiques un débat oppose ceux qui veulent l’armistice avec l’Allemagne à ceux qui veulent poursuivre la guerre aux côtés de l’Angleterre avec laquelle la France est liée par un pacte qui exclut toute paix séparée. Il est finalement décidé que le gouvernement français poursuivra la lutte depuis l’Afrique du Nord, et que seul le maréchal Pétain restera en France : le Parlement sera évacué à bord du Massilia depuis Bordeaux et le Gouvernement rejoindra Perpignan d’où il embarquera pour Alger.

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Une lumière dans la nuit

Invité cette semaine de notre émission « Mémoires Vives » animée par Perrine Kervran, le Rabbin Iossef Gorodetsky, petit fils du Grand Rabbin Binyamin Eliahou Gorodetsky, dont les mémoires ont été rééditées.

Pendant plus de 60 ans, le Grand Rabbin Gorodetsky, fondé de pouvoir du Rabbi de Loubavitch et grand rabbin de la ville de Kiev, n’a eu de cesse de préserver et de ranimer la flamme juive, au péril de sa vie, dans sa Russie natale puis au cœur de l’exil. Échappant aux atrocités de la Seconde Guerre mondiale, il poursuit inlassablement sa mission et s’établit à Paris, où sur ordre du Rabbi, il fonde le Bureau Européen de Loubavitch, qui a pour vocation de venir en aide aux réfugiés d’Europe.

Il aura également pour mission de créer et de soutenir des institutions juives à travers l’Afrique du Nord et Israël.

En ces temps d’après-guerre, il mène de front une bataille pour la survie du peuple juif à travers la création d’institutions juives, qui deviennent peu à peu les lieux incontournables de l’éducation, de l’assistance sociale et du culte juifs et le sont encore aujourd’hui.

Attention aux enfants!

Invité de cette émission, le documentariste José Ainouz, qui a réalisé Attention aux Enfants! Les orphelins de la Shoah de Montmorency, qui sera présenté en avant première au Mémorial de la Shoah lundi 17 janvier 2011 à 19h30.

Emission présentée par Perrine Kervran


Ce film retrace le parcours des enfants juifs qui sont passés par les colonies et les maisons d’enfants de Montmorency, avant, pendant et après la guerre. On y rencontre une dizaine d’orphelins de la Shoah, aujourd’hui âgés, qui revivent pour la caméra de José Ainouz ces années d’enfance volée où ils ont dû fuir avec leurs parents, se séparer d’eux ou les voir se faire arrêter par la police française. Où ils ont dû s’installer dans de nouveaux lieux, dans de nouvelles vies, dans le provisoire et la séparation, vivre cachés. Où ils ont attendu et espéré longtemps le retour de leurs parents, avant de d’essayer de se reconstruire dans cette vie en collectivité.

(France, documentaire, 94 min, 2010, Les Documentaristes indépendants et 24 images Production)

Avec le soutien de l’OSE, le Renouveau, du CNC et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.


La projection au Mémorial de la Shoah aura lieu le 17 janvier à 19H30 en présence de José Ainouz, réalisateur, historien, de Katy Hazan, historienne, responsable du service Archives et Histoire de l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) et de plusieurs témoins.

Entrée libre sur réservation

Obtenir plus d’information sur le film et commander le DVD sur le site : www.orphelins-shoah-montmorency.com

• Première: Dimanche 30 janvier à 15h00 à l’Eden, Montmorency

Lire et relire André Schwarz-Bart

Invitée de cette émission, Francine Kaufmann, Professeur à l’Université Bar Ilan de Tel Aviv, qui a a publié Pour relire le Dernier des justes: Réflexions sur la Shoah (Méridiens-Klincksieck, 1987), et a consacré de nombreux articles à André Schwarz-Bart, notamment sur l’Etoile du Matin, le dernier livre d’André Schwarz-Bart, qui paraît aujourd’hui en édition de poche (Seuil, collection « Points »)

Emission animée par Perrine Kervran

André Schwarz-Bart, on s’en souvient, a connu un succès immense en 1959 lors de la publication de son premier roman, Le dernier des Justes, qui a remporté le prix Goncourt et a été vendu à plus d’un million d’exemplaires. Mais ce livre déclenche de vives polémiques. Même si André Schwarz-Bart est blanchi des accusations portées contre lui, le succès n’est plus au rendez-vous pour ses livres suivants. Blessé, il part s’installer en Guadeloupe auprès de sa femme, Simone, et décide de ne plus publier. Ce livre posthume, qui vient de paraître en poche aux éditions du Seuil, témoigne de ce qu’André Schwarz-Bart n’a jamais cessé d’écrire sur l’histoire des Juifs et de la Shoah, une histoire qui l’a marquée personnellement, ses parents, sa grand-mère, deux de ses frères et soeurs ayant été assassinés à Auschwitz-Birkenau. L’incapacité d’André Schwarz-Bart à finir l’Etoile du Matin était-elle, comme sa femme Simone nous le suggère, une façon de rester en contact avec les siens?

Sur l’Etoile du Matin

Comme dans le dernier des Justes, André Schwartz-Bart évoque la traversée des siècles d’une famille polonaise, les Schuster, qui traverse les persécutions jusqu’au destin du petit fils, Haim, hébergé dans le ghetto de Varsovie chez le docteur Korczak, puis déporté à Auschwitz. A l’instar des autres survivants de la Shoah, Haïm porte en lui la tragédie des siens et cette interrogation  Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ?