Jusqu’au dernier, la destruction des juifs d’Europe

 

Cette semaine et la semaine suivante, nous recevons Blanche Finger, qui a co réalisé avec William Karel le film en 8 épisodes Jusqu’au dernier, la destruction des Juifs d’Europe , diffusé sur France 2 à l’occasion du 70 ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau et Pawel Rozenberg qui l’a produit. Deux émissions de Mémoires Vives pour cette série qui fera référence. 

 

À partir du lun. 26 janv. 2015 sur France 2 – 70 ans après la libération du camp d’Auschwitz, cette série en 8 volets explore l’histoire de la Shoah de la montée du nazisme à la « Solution finale » jusqu’à la découverte des camps et ses conséquences dans le monde d’après-guerre. À travers l’intervention d’une cinquantaine d’historiens de premier plan, elle présente les avancées de la recherche historique tout en restant accessible au plus grand nombre.

Dans une perspective internationale, cette série donne aussi la parole à de grands témoins en s’appuyant sur des images d’archives et des images tournées aujourd’hui sur les lieux emblématiques de la Shoah.

William Karel et Blanche Finger proposent ici une vision d’ensemble de la Shoah, s’intéressant aux victimes, aux bourreaux et à leurs complices, mais aussi aux sociétés dans lesquelles ce crime sans précédent a pu être commis.

Documentaire, 2014, 8 x 52 min., Zadig Production / France télévisions

Cette série a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

Site dédié sur France2.fr

Dossier de presse (pdf)

À partir du vendredi 9 janvier 2015 sur la RTBF

À partir du dimanche 18 janvier sur la RTS

À partir du lundi 26 janvier sur TV5 Canada


Diffusion sur France 2 :

Lundi 26 janvier 2015 à partir de 22h20 – Épisodes 1 et 2

Mardi 27 janvier à partir de 20h50 – Épisodes 3, 4, 5 et 6

Mardi 3 février 2015 à partir de 23h55 – Épisodes 7 et 8

Projection

Jeudi 29 janvier 2015, 19h30

Projection du 6e épisode, en présence des réalisateurs et de Georges Bensoussan, responsable éditorial du Mémorial de la Shoah

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris
Entrée libre sur réservation

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Pillages et spoliations des livres et des bibliothèques

Notre invitée cette semaine est Martine Poulain,  conservatrice des bibliothèques, ancienne dirigeante de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, à l’occasion de la parution en livre de poche de Livres pillés, lectures surveillées. Les bibliothèques françaises sous l’Occupation aux éditions Folio. Un travail qui avait donné lieu à une publication de la liste des spoliés sur le site du Mémorial de la Shoah, afin de permettre aux personnes concernées ou à leurs familles de récupérer leurs livres ou d’être indemnisés.

Dans la France de 1940 à 1944, une France qui est à la fois celle de l’occupant nazi et celle du régime de Vichy, les livres sont pillés. À la différence des archives des ministères et des musées, peu de bibliothèques publiques sont l’objet du pillage par l’occupant, à l’exception des alsaciennes et des mosellanes, germanisées et propriétés du Reich. Le vol de masse, nazi mais aussi vichyste, frappe en revanche, dès juin 1940, les bibliothèques institutionnelles – juives, slaves, maçonnes – mais aussi privées, celles des premiers ennemis du Reich (les grandes familles juives, les Allemands exilés, les hommes politiques du Front populaire).

Puis le pillage accompagne ordinairement les rafles. Plus de dix millions de livres prennent le chemin de l’Allemagne.

Le régime de Vichy, de son côté, surveille les livres, les bibliothèques et les lecteurs, sous la houlette d’une Bibliothèque nationale devenue le parangon de l’ordre nouveau, instrument de la collaboration d’État aux mains de Bernard Faÿ.

En regard, Martine Poulain esquisse les portraits de quelques grandes figures, notamment Jean Laran, conservateur des Estampes, administrateur de la Bibliothèque nationale lors de l’invasion et de la Libération, et Marcel Bouteron, inspecteur général, deux érudits à l’éthique infaillible, qui surent, face à la brutalité, à la bêtise et à la mesquinerie des temps, prendre le chemin juste et agir dans la droiture.

Docteur en sociologie et conservateur des bibliothèques, Martine Poulain a dirigé la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art jusqu’en 2013.

La première édition de ce livre est parue en 2008 dans la collection NRF Essais de Gallimard. Cette édition de poche a fait l’objet d’une actualisation.

Commander cet ouvrage via le site des éditions Gallimard.



- Dans le cadre de ses recherches, Martine Poulain a constitué une base de données regroupant les listes de 2342 personnes et 412 institutions spoliées. Ces dernières ont été mises en ligne sur le site du Mémorial de la Shoah.

Cette base de données a été établie avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Livres spoliés entreposés au dépôt d'Offenbach, USHMM
Livres spoliés entreposés au dépôt d’Offenbach, USHMM

La spoliation des Juifs: une politique d’Etat

Notre invité cette semaine est Tal Bruttmann, historien, auteur de nombreux travaux sur les spoliations, et commissaire scientifique de l’exposition «  La spoliation des juifs : une politique d’Etat, 1940-1944 » qui est présentée au Mémorial de la Shoah à Paris jusqu’au 29 septembre prochain.

Une émission animée par Kristel le Pollotec

Affiche_SpoliationsÀ partir de 1933 dans le Reich, les campagnes de boycott des entreprises appartenant aux Juifs et les expropriations sauvages se multiplient. Cette politique, fondée sur un dispositif légal, se généralise. Elle est bientôt exportée dans les territoires occupés et adoptée par les régimes alliés au Reich, à l’instar de Vichy.

L’État français en intègre dès 1940 les principes dans le cadre de sa politique antisémite. Il promulgue à cet effet un arsenal législatif spécifique visant à « éliminer toute influence juive dans l’économie nationale » (loi du 22 juillet 1941). La spoliation systématique des entreprises et des biens appartenant aux Juifs est ainsi engagée sur l’ensemble du territoire français.

De l’identification des Juifs et de leurs biens jusqu’à l’ « aryanisation » de ces derniers par la vente ou la liquidation, c’est un processus administratif efficace qui est mis en place, impliquant non seulement un nombre important d’administrations de l’État français, mais également de larges pans de la société.

En France, et plus largement en Europe, les spoliations furent un rouage essentiel du processus d’exclusion, qui facilita par la suite la mise en œuvre de la « Solution finale de la Question juive ».

En s’appuyant sur de nombreux documents provenant notamment des fonds des Archives nationales et départementales, l’exposition propose d’expliquer les bases et les rouages de cette politique d’État, en la réinscrivant dans le contexte de l’Europe nazie.

Exposition

Du mercredi 30 janvier au dimanche 29 septembre 2013

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier
75004 Paris

Plusieurs rencontres et projections sont organisées au Mémorial dans le cadre de cette exposition.

A lire, à voir sur le sujet

Spoliations et restitutions des biens juifs, Europe XXème siècle.
Dir. Claire Andrieu, Constantin Goschler, Philipp Ther
Autrement, 2007

« Aryanisation » économique et spoliations en Isère (1940-1944)
Tal Bruttmann
Presses universitaires de Grenoble, 2010

Images d’un pillage, Album de la spoliation des Juifs à Paris (1940-1944)
Sarah Gensburger
Textuel, 2010

Un vol organisé. L’État français et la spoliation des biens juifs, 1940-1944
Martin Jungius
Tallandier, 2012

L’assassinat d’une modiste
Un film de Catherine Bernstein
France, 2005

La Rafle

A l’occasion de la diffusion sur TF1 de La Rafle, nous rediffusons cette semaine l’émission enregistrée avec Rose Bosch, la réalisatrice du film, au moment de sa sortie en salles.

Emission présentée par Vincent Lemerre.

Synopsis : 1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l’école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine… Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs, leurs familles, vivent dans Paris occupé jusqu’à ce matin du 16 juillet 1942, où leur vie bascule… Plus de 13 000 Juifs sont alors raflés par les autorités françaises ; les familles, d’abord entassées au Vélodrome d’Hiver, sont ensuite internées au camp de Beaune-la-Rolande. Le film suit le destin tragique des victimes de ce qui a été l’une des pages les plus sombres de l’histoire de France.                                                                                                             Conseiller historique : Serge Klarsfeld                                                                                      Avec : Jean Reno, Mélanie Laurent, Gad Elmaleh, Raphaëlle Agogué

Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

Informations complémentaires

Diffusion : Dimanche 14 octobre 2012 – 20h50 – TF1